Isoflavones de soja, une alternative contre les bouffées de chaleur ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 28 Avril 2009 : 02h00
Quelles sont les propriétés des isoflavones de soja ou phytoestrogènes de soja ? Ces molécules issues du monde végétal sont-elles efficaces contre les bouffées de chaleur de la ménopause ? Interview du Dr David Elia*, auteur du livre "Tout sur les isoflavones de soja".

Les phytoestrogènes de soja, qu'est-ce que c'est ?

Dr David Elia : Les phytoestrogènes sont des molécules végétales que l'on retrouve dans beaucoup de plantes, mais en particulier dans le soja, non pas dans les pouces de soja, mais dans les feuilles de soja.

Le soja est une plante qui a des propriétés extraordinaires. On peut l'utiliser pour faire des protéines, en particulier le tofu. Cet aliment contient beaucoup de protéines, de bons acides gras également, et un peu de glucides. Les Asiatiques l'appellent la ' viande sans os ', signifiant que l'on peut très bien combler ses besoins protéiniques avec des protéines de soja.

Dans cette plante, on trouve également des molécules chimiques, les isoflavones, qui ont des caractéristiques architecturales proches des estrogènes, hormones actives biologiquement que l'on trouve particulièrement chez les femmes sécrétées par leurs ovaires avant la ménopause. Elles ne sont pas identiques, mais se ressemblent, d'où leur nom de phytoestrogènes : les estrogènes de plantes.

Quelles sont les propriétés des phytoestrogènes ?

Dr David Elia : Les phytoestrogènes se comportent parfois dans le corps humain comme des estrogènes, et parfois comme des anti-estrogènes, tout dépend du type d'organe ou de cellules ciblés.

Chez la femme, les estrogènes sont fondamentales à tout endroit du corps féminin : elles font pousser les seins, la muqueuse utérine (d'où les règles), elles sont responsables des propriétés de la peau féminine, de la voix, etc. En revanche, les phytoestrogènes miment l'action des estrogènes sur certaines parties du corps et s'y opposent sur d'autres organes.

Elles agissent un peu sur le même concept que les SERM (modulateur sélectif du récepteur des estrogènes), des hormones comme celles contenues dans le Raloxifène (Evista®). A titre d'exemple, le Raloxifène est un médicament prescrit contre l'ostéoporose. Il exerce des propriétés pro-estrogènes sur l'os, bénéfiques pour préserver la densité osseuse à la ménopause. Mais il exerce aussi, inversement, des propriétés anti-oestrogènes sur les seins et l'utérus, ce qui diminue légèrement le risque de cancer du sein et de l'utérus.

On appelle ainsi les phytoestrogènes des ' mini-SERM ' naturels pour leurs effets opposés et aussi parce que leur action biologique est beaucoup plus faible que celle des estrogènes naturellement présentes chez les femmes.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 28 Avril 2009 : 02h00
A lire aussi
Cancer du sein et prise de poids : quelle relation ?Publié le 03/11/2008 - 00h00

Dans l'année qui suit un cancer du sein, les femmes prennent en moyenne 2,5 à 4 kg. Comment expliquer cette prise de poids ? Le risque est-il le même pour toutes les femmes ? Est-il bénéfique de maigrir vis-à-vis du cancer ? Réponses à toutes ces questions avec le Dr David Elia*.

Quelle sexualité après un cancer du sein ?Publié le 16/06/2008 - 00h00

Après un cancer du sein, la sexualité est le plus souvent très bouleversée. Généralement, en plus des traitements du cancer lui-même (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie), les femmes ont à subir les symptômes d'une ménopause artificielle, peu compatible avec une vie sexuelle de...

Ménopause : pourquoi le THS n’est-il toujours pas réhabilité ?Publié le 17/12/2012 - 09h00

Prescrit il y a dix ans à quasiment toutes les femmes ménopausées, le traitement hormonal substitutif (THS) a ensuite été totalement discrédité.Pourtant, en France, toutes les preuves sont aujourd’hui réunies pour réhabiliter le THS.Seule une démarche des autorités pourrait permettre...

Plus d'articles