L'évitement, un mécanisme de défense contre l'anxiété

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 16 Mars 2009 : 01h00
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Pour se défendre contre l'anxiété, nous pouvons avoir recours à diverses stratégies plus ou moins efficaces. L'évitement en est une très répandue...

L'évitement est un comportement qui consiste à éviter ce qui vous confronterait à vos angoisses. Il peut tous nous concerner, même s'il est typique des personnes atteintes de phobie. Dans le cas d'une phobie de l'ascenseur, la personne va éviter de prendre l'ascenseur, de manière à ne pas ressentir de peur. Elle évite. Cela paraît très logique, mais c'est très toxique comme comportement. Pourquoi ? C'est que l'évitement renforce la peur. C'est comme si cette personne se disait : ' Ouf, j'ai bien fait de ne pas prendre l'ascenseur, il aurait pu m'arriver des problèmes… ' Cet évitement renforce la phobie qui a donc tendance à augmenter avec le temps.

La meilleure solution pour lutter contre ses peurs quand on est phobique, c'est de les affronter. La même personne se dira alors : ' j'étais angoissée à l'idée de prendre l'ascenseur, mais je l'ai fait, et finalement, il ne s'est rien passé de désagréable ou dangereux… ' et ses craintes vont diminuer progressivement.

À côté des évitements pathologiques des personnes atteintes de phobies importantes (phobies sociales, claustrophobie…), chacun peut ressentir des peurs et avoir également recours à une stratégie d'évitement.

On parle souvent de microévitements, ces petits évitements peu visibles qui sont pourtant le signe d'une peur bien présente… peut-être une micro peur. Si je dois, par exemple, téléphoner au collège pour dire au principal que ma fille va manquer un jour d'école pour partir en vacances plus tôt, je risque de me faire mal recevoir. Alors, je sais que je dois passer ce coup de téléphone, mais je repousse le moment de le faire. Ou alors, je passe ce coup de téléphone à 19 heures le soir pour tomber sur le répondeur du collège et ne pas affronter le principal.

Souvent, dans ces cas-là, on se trouve toujours des excuses valables pour ne pas téléphoner. ' J'ai eu beaucoup de travail aujourd'hui ', ou ' Cela m'est sorti de la tête ' ou ' J'avais des choses plus importantes à faire '…

Comment éviter les évitements ?

La première chose est de les reconnaître comme tels, surtout quand il s'agit de microévitements. Il faut une grande honnêteté envers soi-même pour accepter de s'autocritiquer et se dire : ' Je me cherche des excuses pour éviter une peur… '

Et puis, pour faire diminuer l'évitement, la meilleure des solutions est d'affronter la situation qui nous fait peur. Quand il s'agit d'un microévitement, c'est désagréable, mais possible car cette angoisse n'est pas terrifiante comme dans certaines phobies. Cette petite peur, une fois reconnue, nous pouvons la dompter.

Affronter ses peurs est positif

Ce n'est pas très agréable de se forcer, mais il existe des récompenses !

L'une de ces récompenses est qu'à faire tout de suite quelque chose qui nous coûte, nous en sommes libérés, puisque ce n'est plus à faire. La peur diminue plus vite que si l'on reculait pour tenter de l'oublier. Ainsi, si je prends mon téléphone pour appeler le principal tout de suite, je ne vais pas traîner cette corvée à faire pendant une semaine.

Et puis, si vous affrontez vos micropeurs, elles diminueront : à chaque fois qu'une peur se présentera, elle sera de plus en plus minime. Vous saurez mieux vous affirmer, vous saurez que vous êtes capable de la surmonter… et tout de suite. Jusqu'au jour où vous ne pratiquerez plus le microévitement.

Alors, comprendre ce mécanisme peut contribuer à vous rendre beaucoup plus zen et moins angoissé.

Et pour les véritables phobies, la solution se trouve dans les thérapies comportementales et cognitives pour affronter ses peurs à l'aide d'un thérapeute qui peut vous guider.

Il existe un grand nombre d'autres mécanismes de défense comme la projection, le transfert, l'idéalisation, la rationalisation, la justification, la compulsion de répétition, la compensation, le déni, la dénégation, le refoulement, l'annulation rétroactive et la transformation dans le contraire, l'isolation, le déplacement, la régression, la projection agressive, la sublimation…

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 16 Mars 2009 : 01h00
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