Les équations de la graisse

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le Mardi 20 Septembre 2005 : 02h00
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Les sportifs se soucient beaucoup de leur poids. Mais ce dernier ne signifie pas grand-chose tant que l'on ne différencie pas la part des graisses de celle des muscles. Comment s'y prendre ?

Pour bien saisir le manque de pertinence du seul critère de poids pour juger d'un gabarit, il suffit de comparer deux personnes de 120 kilos pour 1,80m. L'une peut être franchement obèse et l'autre, pilier de rugby. La part de graisses varie en effet de 5 à 50% du poids du corps selon les individus. On peut calculer très précisément cette répartition par dissection après la mort. Pour les vivants, on procède évidemment de façon moins directe. La méthode de référence est la pesée hydrostatique. Elle repose sur le fameux principe d'Archimède : tout corps plongé dans un liquide subit de la part de celui-ci une poussée verticale de bas en haut équivalente au poids du liquide déplacé. On pèse la personne dans l'eau, ensuite, hors de l'eau et on calcule sa densité selon la formule : densité = 1 + poids dans l'eau/poids hors de l'eau. Le résultat dépend de la composition du corps. On sait en effet que la graisse possède une densité (0,901 g/cm3) nettement inférieure à celle du muscle (1,10 g/cm3). Des tableaux de conversion donnent alors le taux de masse grasse. Cette méthode recèle pourtant un certain nombre d'erreurs. Des travaux récents indiquent en effet que la densité de la masse maigre varie avec l'âge, le sexe, le degré de forme et l'appartenance ethnique. Enfin, la pesée hydrostatique pose un dernier problème : l'air contenu dans les poumons. La pesée sous l'eau doit donc se faire après avoir vidé l'air des poumons dans une espèce de tuba. On recommande d'ailleurs de répéter l'expérience plusieurs fois au cours d'une même séance.

Le corps en flotte

Une autre technique, appelée hydrométrie, donne des résultats très proches des valeurs réelles. Elle s'intéresse à la teneur en eau de l'organisme. Pour cela, on mesure les isotopes de l'hydrogène dans les liquides biologiques : salive, urine, plasma. Leur concentration reflète la quantité totale d'hydrogène dans le corps. Cette donnée permet de déterminer la part des graisses dans la mesure où le tissu adipeux est précisément dépourvu du moindre liquide. Pour un poids donné, on aura d'autant moins de graisse que l'on aura d'eau, et vice-versa. On peut procéder aussi par impédencemétrie. Une méthode qui tient compte de la perméabilité du corps aux ondes électromagnétiques. On trouve dans le commerce des appareils qui permettent d'effectuer ce type de test. La conduction légèrement différente selon les tissus permet là encore d'évaluer la masse grasse avec une précision acceptable.

Le corps mis en plis

Enfin certains spécialistes se basent encore sur la technique dite des plis adipeux imaginée par Brozek en 1963 et améliorée plus tard par Jackson et Pollock. Elle s'appuie sur un constat d'une simplicité biblique. On sait que la graisse se stocke principalement sous la peau, c'est-à-dire dans le derme, une couche que l'on peut facilement pincer dans un but d'évaluation. Des appareils de mesure donnent alors l'épaisseur du pli au millimètre près. On répète l'opération à différents endroits du corps et l'on se base ensuite sur des formules d'extrapolation pour connaître la quantité totale de graisses dans l'organisme. La validité des résultats dépend cependant beaucoup de la qualité de l'appareillage et de l'expérience de l'utilisateur.

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le Mardi 20 Septembre 2005 : 02h00
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