Cholestérol : la naissance générique du Zocor®

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 23 Mai 2005 : 02h00
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L'anti-cholestérol Zocor® des laboratoires MSD, dont le principe actif est la simvastatine, vient de perdre son brevet. Ainsi tombé dans le domaine public, des versions génériques de ce grand médicament contre le cholestérol, première statine mise au point, sont désormais disponibles en pharmacies.

Rappelons qu'un médicament générique est la copie d'un médicament original dont le brevet est tombé dans le domaine public.En effet, les inventeurs d'une nouvelle molécule déposent un brevet auprès de l'Institut national de la propriété industrielle, ce qui leur assure l'exclusivité de sa commercialisation pendant 20 ans et leur permet ainsi d'amortir leurs coûts de recherche et de développement. Lorsque le brevet expire, le médicament tombe dans le domaine public. Il peut alors être copié, c'est le médicament générique. Celui-ci a la même composition en principes actifs, mais des présentations différentes, et surtout, son prix de vente est moindre.

C'est exactement ce qui vient de se passer pour la très célèbre simvastatine, médicament vendu sous le nom de Zocor® et mis au point il y a maintenant vingt ans par les laboratoires MSD. Cette molécule a révolutionné le traitement de l'hypercholestérolémie. Et depuis, elle a donné naissance à la grande famille des statines, à laquelle appartiennent par exemple le Tahor®, Fractal®, Lescol®, Elisor®, Vasten®, Crestor® et le Lodalès®.

Et aujourd'hui, les bénéfices de ces molécules ne cessent de s'élargir. A l'origine, celles-ci étaient uniquement utilisées dans le traitement de l'hypercholestérolémie. Puis, on leur a découvert un champ d'action plus large, notamment en prévention du risque cardiovasculaire chez les sujets diabétiques ou hypertendus et en prévention secondaire chez les patients ayant fait un infarctus du myocarde.Pour en revenir au Zocor®, ce médicament a généré 245 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2004, soit 28% des ventes du laboratoire américain en France. Les versions génériques seront vendues 40% moins chères que le princeps. On estime que le taux de substitution pourrait atteindre rapidement les 60%. Une aubaine pour la maîtrise des dépenses de santé, les statines représentant la première classe thérapeutique remboursée par l'Assurance maladie, soit 1,1 milliard d'euros en 2004. Soulignons également que les statines sont de plus en plus prescrites : +20% par an depuis quinze ans.

La consommation des génériques a doublé en trois ans

En ce qui concerne les médicaments génériques en général, l'Assurance maladie constate que la substitution se développe de plus en plus. Particulièrement depuis 2002, praticiens et patients adhèrent à ce principe d'économie. C'est ainsi qu'en 2004, 380 millions d'euros d'économies ont été réalisées grâce aux génériques, soit 550 euros par mois et par généraliste. Toutefois, le potentiel d'économies est encore important. Par exemple, si chaque généraliste prescrivait un générique chaque fois que c'est possible, l'économie supplémentaire serait de 420 euros par mois et par praticien, soit 300 millions par an. Autre potentiel, les molécules dont le brevet va tomber entre 2005 et 2007 Et enfin la loi qui limite depuis peu la possibilité pour l'industrie pharmaceutique de mettre sur le marché des dérivés de principe actif, très peu différents du médicament princeps et dont le brevet arrive à expiration.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 23 Mai 2005 : 02h00
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