Traitement anti-cholestérol : à suivre sur le long terme

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 04 Novembre 2002 : 01h00
-A +A
Visiblement les personnes âgées suivent rarement au long cours leur traitement anti-cholestérol. Pourtant, ces médicaments prescrits pour faire baisser les taux sanguins de cholestérol, tels que les statines, sont efficaces et contribuent à réduire le risque de décès par maladie cardiaque, lorsqu'ils sont utilisés régulièrement.

Selon les résultats de deux nouvelles études, les personnes âgées interrompent trop souvent leur traitement hypocholestérolémiant. Or, ces médicaments, dont les statines, ont une efficacité remarquable, aujourd'hui bien démontrée.

Une première analyse, réalisée à partir de 34.000 patients âgés de 65 ans et plus, montre que seuls 32% des sujets poursuivent leur traitement contre le cholestérol au-delà de 10 ans. Ainsi, près de 60% l'ont arrêté après trois mois.

La seconde étude, portant cette fois sur plus de 143.000 patients âgés, met en évidence une relation entre l'intensité de l'affection et l'observance. En effet, ce sont les personnes atteintes d'une maladie cardiaque sévère qui poursuivent plus volontiers leur traitement au long court. Plus de 40% des sujets ont continué de prendre leur statine deux ans après le diagnostic de leur pathologie cardiaque grave.Parmi les patients souffrant d'une maladie cardiaque chronique, un peu plus d'un tiers ont pris scrupuleusement leurs médicaments. Si 25% d'entre eux l'ont poursuivi au-delà de deux ans, un quart l'ont stoppé six mois plus tard.Ces deux essais montrent également que la majorité des malades atteints d'hypertension artérielle et de diabète n'interrompent pas leur traitement.

L'ensemble de ces données suggèrent que les taux de mortalité pourraient encore être abaissés si les patients suivaient à long terme les traitements prescrits par leur médecin. Il est nécessaire d'entreprendre des actions visant à augmenter l'observance des personnes âgées. Celles-ci pourraient passer des programmes spécifiques d'éducation et d'information ainsi que par le biais de conseils délivrés par les médecins.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 04 Novembre 2002 : 01h00
Source : The Journal of the American Medical Association, 288 : 455-467 ; 495-497, 2002.
A lire aussi
Plus d'articles