Belgique : les végans qui imposent leur régime à leurs enfants bientôt punis ?

Les végans refusent de consommer et utiliser tous les produits issus du monde animal. Ce mode de vie, de plus en plus suivi, n'est pas sans danger en raison de ses carences, notamment pour les petits. Face à la hausse de cas d'enfants tombés malades à cause d'un régime végétalien strict, la Belgique envisage de poursuivre les parents qui imposent cette alimentation à leur progéniture.
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Après plusieurs hospitalisations d'enfants souffrant d'importantes carences alimentaires causées par un régime végan, l’Académie Royale de Médecine de Belgique (ARMB) s'est penchée sur les conséquences de ce mode de vie pour la santé des petits.

 

Pour les experts belges, le véganisme est à proscrire pour les enfants ainsi que les femmes enceintes ou allaitantes. "Lorsqu’on est enfant,le corps fabrique notamment des cellules cérébrales. Cela implique des besoins plus importants en protéines et acides gras essentiels. Le corps ne les produisant pas, il faut les lui apporter via les protéines animales. Le véganisme n’est indiqué ni pour un enfant ni pour une femme enceinte ou allaitante", explique le Professeur Georges Casimir, Pédiatre à l’HUDERF et rapporteur de la Commission nommée par l’Académie Royale de Médecine de Belgique.

 

Or, ce régime qui bannit toutes les protéines animales, entraîne des carences des vitamines D et B12 ou encore de calcium, d'oligoéléments et de nutriments indispensables au développement des enfants. Par ailleurs, une consommation importante de légumes conduit aussi, à l'inverse, à des excès en potassium et en fibres. Une situation pouvant être également problèmatique : hyperkaliémie (excès de potassium), inconfort digestif et diarrhée (en cas d'excès de fibres)...

 

Les conséquences de cette alimentation suivie par 3% des petits belges peuvent être graves. "On parle de retards de croissance staturo-pondéraux et de retards psychomoteurs, de dénutrition, d’anémies importantes. Certains développements doivent se faire à un moment précis de la vie et s’ils ne se font pas, c’est irréversible", précise Isabelle Thiébaut, diététicienne pédiatrique ayant collaboré à la rédaction de l’avis de l’ARMB.

 

Par ailleurs, une récente étude a révélé que les nouveau-nés souffrant de carence en vitamine D avaient plus de risques que les autres de développer une schizophrénie au cours de leur vie. Ils auraient, en effet, plus de 44% de risques d'être touchés par cette maladie à l'âge adulte par rapport aux autres enfants.

 

Un suivi médical poussé pour les jeunes végans

Les professionnels de la santé belges ajoutent que si les enfants suivent ce régime déconseillé, ils doivent impérativement faire l’objet d’un suivi médical, d’examens sanguins réguliers et bénéficier de supplémentations. Ils préconisent également d'être dans "l’accompagnement des parents, pas dans le jugement".

 

Ce travail a été réalisé à la demande de Bernard Devos, délégué aux droits de l'enfant de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Selon la RTBF, il souhaite désormais mettre en place une legislation permettant de motiver le retrait de la tutelle aux "parents qui s'obstineraient dans ce traitement qui s'apparente à une maltraitance".

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Source : Les médecins contre le véganisme pour les enfants, RTBF le 16 mai 2019
Le véganisme proscrit pour les enfants, femmes enceintes et allaitantes, l’Académie Royale de Médecine de Belgique(ARMB), 14 mai 2019