Angoisse et déni de réalité

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 09 Janvier 2006 : 01h00
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Il survient quand, devant une réalité trop angoissante, nous nions l'évidence, comme si nous ne voulions pas la voir. En réalité, c'est que nous ne pouvons pas la voir tant elle serait douloureuse ou difficile à assumer.

L'exemple du déni de grossesse

Un déni très concret en médecine est le déni de grossesse. Il s'agit de femmes qui, enceintes, ne se rendent pas compte qu'elles attendent un enfant. Ce déni peut être partiel. Il dure alors seulement une partie de la grossesse. Mais il peut aussi être total, jusqu'à l'accouchement. C'est ainsi que certaines femmes accouchent seules sans jamais avoir réalisé qu'elles étaient enceintes. Il ne s'agit pas de femmes intellectuellement limitées mais de femmes qui n'ont pas intégré les signaux de leur corps, qui ne les ont pas perçus. Et cela peut se produire dans n'importe quelle couche de la société, y compris chez des femmes qui sont déjà mères.Le plus étonnant est que ces femmes qui dénient leur grossesse ne manifestent souvent aucun symptôme : leur ventre ne grossit pas, leurs seins non plus, elles n'ont pas de nausées Leur corps suit la croyance de leur esprit qui est « je ne suis pas enceinte ».La cause de cette réaction étonnante est l'angoisse énorme qu'entraînerait cette grossesse. Le cerveau réagit comme s'il ne pouvait accepter la réalité.

D'autres dénis protecteurs

Il existe aussi d'autres dénis protecteurs, comme celui qui se met en place devant une maladie. L'annonce de cette maladie est tellement terrible qu'on dirait que la personne ne l'a pas entendue, assimilée. Plus observé encore, le déni d'infidélité : « tout le monde le savait, sauf l'intéressé qui se voilait la face ». Quand on ne veut pas voir la réalité, une partie de notre cerveau réussit à s'aveugler. Et cela ne se fait pas consciemment, c'est une sorte de réflexe de sauvegarde devant une angoisse qui lui semblerait insoutenable. C'est en cela que l'on considère le phénomène de déni de la réalité, comme un mécanisme de défense contre une angoisse submergeante. C'est pourquoi il n'est pas bon de vouloir casser ce déni sans se poser la question suivante : «De quoi protège-t-il cette personne ? Quelle est son angoisse sous-jacente qui ne lui permet pas d'ouvrir les yeux ?»Dans les cas extrêmes, ce déni de la réalité peut aller jusqu'à la psychose, c'est-à-dire la maladie mentale. Une personne peut refuser le monde tel qu'il est et le considérer de manière totalement autre, comme un monde parallèle. Mais la plupart des dénis se cantonnent à un domaine précis, celui pour lequel nous sommes fragiles...

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 09 Janvier 2006 : 01h00
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