Surpoids : Pourquoi grossit-on ?

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Les chiffres du surpoids chez les adultes font frémir et ceux des enfants sont considérés comme un problème de santé publique. Société obésogène ou incidence de la génétique, mais quelles sont les raisons de ces chiffres aberrants ?

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"Je ne sais pas si le plus dur est le regard méprisant des autres ou le mien sur mon propre corps. Je subis et déteste ma masse, mes bourrelets qui me séparent des autres, d'une vie de légèreté. Cette haine de mon corps me pousse à le détruire toujours plus, en mangeant. C'est comme ca depuis l'âge de 8 ans. Souvent seule dans la cour de l'école, j'étais devenue le souffre-douleur de certains. C'est à ce moment, je crois, que je me suis réfugiée dans la nourriture. Grossir me rassurait ! Depuis, j'ai essayé de nombreux régimes, sans succès ! Et tous ces discours angoissants et martelés sur les risques de l'obésité pour la santéJe m'en moque, aujourd'hui, je baisse les bras", confie Sylvie, 36 ans, 107 kg pour 1,67 m.

Surpoids et obésité : Un véritable impact sur la santé

Comme Sylvie, de plus en plus de Francais souffrent de surpoids et d'obésité. La fréquence de l'obésité en France est deux à trois fois plus importante qu'il y a 20 ans, et les cas d'obésité sévère sont trois à cinq fois plus fréquents. Le pays de la gastronomie et du régime méditerranéen est touché de plein fouet par cette épidémie. "Il est faux de penser que l'obésité, c'est chez les autres, pour les enfants des voisins ou des Américains... Non, elle est chez nous, et fortement ! Aujourd'hui en France, la fréquence du surpoids et de l'obésité atteint 15 à 20 % de la population infantile, comme aux USA", déplore Jean-Michel Lecerf, chef du Service de Nutrition à l'Institut Pasteur de Lille. Or, l'obésité et le surpoids posent de véritables problèmes de santé publique : augmentation du risque cardiovasculaire, du diabète, de l'apnée du sommeil, des douleurs ostéo-articulaires sans parler des troubles affectifs et nerveux engendrés par la perte d'estime de soi. Face à ces risques et surtout au surpoids financier que cela représente, les pouvoirs publics sont bien décidés à combattre l'obésité sur tous les fronts. Campagnes d'informations et retrait des distributeurs de friandises dans les écoles, avertissements à la fin de chaque slogan publicitaire, etc. Le problème, c'est que les causes de l'obésité ne sont pas toujours là où on les attend

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Un environnement à kilos !

Évidemment, tout le monde constate que le mode de vie moderne des pays industrialisés s'accompagne d'une augmentation considérable de l'obésité, notamment chez les enfants. Haro donc sur Mac Donald et les autres fast-foods, symboles de la mal bouffe, sur les sodas américains habillés de canettes rouges ou bleues et sur les publicités pour les friandises, les plats cuisinés et les produits gras. Les professionnels de santé attirent aussi l'attention sur la déstructuration des repas, la taille croissante des portions, l'abandon de la consommation de fruits et légumes et d'aliments peu ou pas raffinés (céréales et pains complets, légumes secs...) et les excès de viennoiseries. Mais, la mauvaise alimentation n'explique pas tout ! "En fait, le surpoids et l'obésité sont surtout le résultat d'un déséquilibre entre les dépenses liées à une activité physique de plus en plus faible et des apports alimentaires qui n'ont pas diminué proportionnellement", explique Jean-Michel Lecerf. Et dans les pays industrialisés, en particulier dans les villes, on bouge de moins en moins, à cause de la voiture et de la multiplication des activités passives, tels les jeux vidéo, le travail sur ordinateur ou la télévision. Par exemple, une heure de télévision hebdomadaire supplémentaire accroîtrait de 2 % le risque d'obésité. Or, actuellement, en France, l'enfant passe en moyenne 20 à 25 heures par semaine devant la télévision ! Et l'offre accrue de chaînes ou la présence d'un écran dans la chambre de l'enfant n'arrange pas la situation

Publié par Jean Montelriny, journaliste santé le Lundi 27 Octobre 2008 : 01h00
Mis à jour le Vendredi 22 Octobre 2010 : 11h16
Source : Côté santé, octobre 2008.