Produits d’hygiène féminine : exposent-ils les femmes à des composés nocifs ?

Lingettes intimes, sprays, gels, tampons, serviette… Les femmes ont l’embarras du choix en matière de produits d’hygiène féminine. Toutefois, une étude de l’université du Michigan montre que certains d’entre eux exposeraient les utilisatrices à des composés organiques volatils dangereux.
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Les produits et habitudes féminines en matière d’hygiène intime pourraient se révéler dangereux. Une équipe de chercheurs de l’École de santé publique de l’Université du Michigan ont découvert que certaines utilisatrices présentaient des taux de composés organiques volatils élevés dans leur sang. 

Produits d'hygiène féminine : des composés dangereux dans le sang

Les scientifiques ont étudié les habitudes intimes et la santé de 2432 femmes âgées de 20 à 49 ans. Les participantes devaient indiquer leurs utilisations de tampons, serviettes, lingettes intimes, sprays parfumés ou encore de poudre vaginale.

En analysant les données recueillies, l'équipe a découvert que les afro-américaines qui sont de plus grandes utilisatrices de soins par douche vaginale, avaient dans leur sang des concentrations significativement plus élevées de 1,4-dichlorobenzène (DCB), un élément aux propriétés insecticides et désodorisantes utilisées par exemple dans les boules anti-mites

Par rapport aux personnes ne se servant jamais de ces soins, les utilisatrices occasionnelles (1 fois par mois maximum) avaient un taux de DCB plus élevé de 18%. Les fans de ces produits (plus de 2 fois par mois) avaient pour leur part une concentration plus importante de 81% 

La poudre intime - utilisée comme anti-transpirant - est de son côté significativement associée à des concentrations plus élevées dans le sang d'éthylbenzène. Celles qui avaient eu recours à cette poudre au cours du dernier mois, présentaient une concentration de ce composé organique dérivé du benzène 36% fois plus élevée.

Produits intimes et composés volatils : attention pendant la grossesse

Les chercheurs ont dévoilé les travaux dans un article publié sur le site du Journal of Women's Health, le 30 octobre 2019 ont rappelé “Certains composés organiques volatils (COV) ont été associés à des effets toxiques aigus, tels que des troubles neurologiques et des symptômes respiratoires. Une exposition à long terme peut également provoquer des cancers et des effets néfastes sur le système reproducteur”. Le 1,4-dichlorobenzène (DCB) est entre autres soupçonné d'être un cancérogène potentiel pour l'homme. Il provoquerait également des perturbations menstruelles, des fausses-couches et des malformations congénitales

Ils ajoutent "Compte tenu des préoccupations suscitées par la toxicité des COV, il est important d'identifier les sources de ces éléments pouvant être ciblés par des stratégies de réduction de l'exposition".

Susan G. Kornstein, MD, rédactrice en chef du magazine et directrice de l'Institut pour la santé des femmes de l'Université du Commonwealth de Virginie, a expliqué "D'après les résultats de cette étude, les produits d'hygiène féminine qui exposent les tissus vulvo-vaginaux à ces composés organiques volatils nocifs doivent être évités, en particulier pendant la grossesse".


Composés organiques volatils : qu’est-ce que c’est ?

Les composés organiques volatils (COV) sont des substances très volatiles qui se répandent facilement dans l’atmosphère. Ces polluants sous forme de gaz ou de vapeurs sont très présents dans les colles et les peintures, les revêtements de sols, de murs ou de plafonds. Certains dégagent une odeur, et d'autres pas. Un lien entre cancer et certains d’entre eux comme le benzène, le formaldéhyde ou le 1,4-dichlorobenzène a été établi.

Par ailleurs, une forte concentration de COV peut causer :

  • des difficultés respiratoires ;
  • une irritation ;
  • des yeux ;
  • du nez ;
  • de la gorge ;
  • des maux de tête.
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