Où en êtes-vous avec votre consommation d'alcool ?

Publié le 31 Mars 2004 à 2h00 par Rédaction E-sante.fr
Boire trop d'alcool représente un danger, non seulement pour soi, mais également pour les autres. En France, la consommation d'alcool est à l'origine de 45.000 morts par an, soit 10 % des décès. C'est la deuxième cause de mortalité " évitable " ! La seule solution à ce problème majeur de santé publique : en boire moins et en boire moins souvent. Faites votre bilan.
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Des risques dramatiquesOù situer l'excès ?L'alcoolémie : la quantité d'alcool dans le sangQu'appelle-t-on une Unité d'alcool ?Faites votre bilan !Centres d'alcoologie et sites Internet

Des risques dramatiques

Les risques engendrés par la consommation d'alcool sont multiples et extrêmement dangereux, à court terme comme à moyen ou long terme. Lorsque l'on boit souvent et/ou en grande quantité, les risques encourus sont les suivants.

A court terme : des risques d'accidents, de violence, d'exclusion

  • Accidents de la circulation : l'abus d'alcool est mis en cause dans 1/3 des décès sur la route, sans compter les milliers de blessés graves chaque année.
  • Violence et délinquance : la consommation excessive d'alcool rend agressif et violent ou rend incapable de se défendre. Elle est souvent responsable des actes de violence familiale, de délits et de délinquance.
  • Malaises et exclusion : boire trop amène à se couper des autres, à se renfermer sur soi, à rencontrer de sévères difficultés familiales et professionnelles.

A moyen ou long terme : de nombreuses pathologies graves

  • Cancers de la bouche, de la gorge, de l'œsophage, de l'intestin, du foie (un décès par cancer sur neuf est lié à l'alcool).
  • Cirrhoses du foie (8.000 morts par an), pancréatites.
  • Maladies cardiovasculaires, hypertension, accidents vasculaires cérébraux.
  • Maladies du système nerveux.
  • Troubles psychiques : mémoire, anxiété, dépression, insomnie, suicide …

Où situer l'excès ?

Les risques augmentent avec la quantité d'alcool absorbée. Les experts internationaux ont formulé les recommandations suivantes.Consommations régulières

  • Pour les femmes : ne pas dépasser plus de 2-3 Unités d'alcool* en moyenne par jour ; ou 14 Unités d'alcool par semaine.
  • Pour les hommes : ne pas dépasser plus de 3-4 Unités d'alcool en moyenne par jour ; ou 21 Unités d'alcool par semaine.
  • Ne prendre aucune boisson alcoolisée au moins une fois par semaine.
  • * Qu'appelle-t-on Unité d'alcool ? voir paragraphe ci-après.Consommations occasionnelles Ne pas consommer plus de 4 Unités d'alcool en une seule occasion.Jamais d'alcool dans ces conditions :
  • durant la grossesse ;
  • l'enfance ;
  • la conduite d'un véhicule ou d'une machine dangereuse ;
  • en cas d'exercice de responsabilités nécessitant de la vigilance ;
  • de prise de certains médicaments (regardez sur les notices) ;
  • de certaines maladies aiguës ou chroniques : épilepsie, pancréatite, hépatite, etc.
Les risques augmentent avec la quantité d'alcool absorbée. Les experts internationaux ont formulé les recommandations suivantes.Consommations régulières

L'alcoolémie : la quantité d'alcool dans le sang

L'alcoolémie est la quantité d'alcool dans le sang exprimée en grammes d'alcool par litre de sang. Elle se détermine directement par une prise de sang ou indirectement en mesurant le taux d'alcool dans l'air expiré à l'aide d'un alcootest (détection) ou d'un éthylomètre (mesure précise). Des alcootests sont disponibles dans les stations services et les supermarchés.Attention, elle ne dépend pas uniquement de la quantité de boisson alcoolisée absorbée, mais également :

  • du poids : les effets de l'alcool sont beaucoup plus importants lorsque l'on est léger ;
  • du sexe : à quantité égale les femmes sont plus sensibles ;
  • de la durée de la consommation : le foie peine à faire son travail lorsque l'on boit beaucoup sur un laps de temps court et l'alcoolémie monte très haut ;
  • de l'alimentation : à jeun l'alcool arrive plus rapidement dans le sang et ses effets sont bien plus importants.

Il est interdit de conduire avec une alcoolémie supérieure à 0,5g/l.

Dès que l'on boit, l'alcoolémie augmente. Le taux maximal est atteint :

  • au bout d'une heure si l'alcool est consommé au cours d'un repas ;
  • au bout d'une demi-heure si l'on est à jeun.
Dès que l'on boit, l'alcoolémie augmente. Le taux maximal est atteint :

Qu'appelle-t-on une Unité d'alcool ?

C'est très facile ! En fait, la taille et la forme traditionnelle des verres sont adaptées à la densité en alcool des différentes boissons alcoolisées. Par exemple, une chope à bière est plus grande qu'un verre à vin qui lui-même est plus grand qu'un verre à digestif. Ainsi, un ballon de vin, une coupe de champagne, un verre de porto, un demi de bière, un verre de whisky OU un verre de pastis, contiennent tous une Unité d'alcool !La quantité d'alcool absorbée est donc simple à déterminer : si l'on boit 1 apéritif, 2 verres de vin et 1 digestif, on a consommé 4 Unités d'alcool.Attention, les doses auxquelles il est fait référence correspondent à ce qui vous est servi dans un bar. Par exemple, un verre de whisky (et donc une Unité d'alcool) correspond à un baby. A domicile les doses sont souvent doubles. Votre verre de whisky représente peut-être 2 Unités d'alcool !De la même façon on peut calculer le nombre d'Unités contenues dans une bouteille.Par exemple, au cours d'un déjeuner au restaurant, quatre amis ont consommé au total 2 bouteilles de vin (soit 14 Unités alcool). S'ils ont bu à peu près la même quantité, chacun a absorbé 3,5 Unités d'alcool.

Une bouteille de vin à 12° (75cl)7 unités d'alcool
Une bouteille de champagne à 12°(75 cl)7 unités d'alcool
Une bouteille de porto à 20° (75cl)14 unités d'alcool
Une bouteille de whisky à 40°(70 cl)22 unités d'alcool
Une bouteille de digestif à 40°(70 cl)22 unités d'alcool
Une bouteille de pastis à 45°(70 cl)25 unités d'alcool
Une petite bouteille de bière à5° (25 cl)1 unité d'alcool
Une canette de bière à 5° (33 cl)1,5 unité d'alcool
Une canette de bière à 10° (50 cl)4 unités d'alcool

Une heure pour éliminer une Unité d'alcool

La plus grande partie de l'alcool consommé est transformée au niveau du foie. Mais cela prend énormément de temps : il faut une heure pour éliminer une Unité d'alcool ! Durant ce laps de temps, l'alcool reste dans l'organisme, principalement dans le sang et le cerveau. Une boisson alcoolisée provoque une courte période d'excitation, puis ralentit et perturbe l'activité cérébrale. Une grande consommation se traduit par une mauvaise coordination des mouvements, un ralentissement des réflexes et des difficultés de concentration.

Faites votre bilan !

1. Notez chaque jour ce que vous avez bu pendant une semaine complète (n'oubliez pas les apéritifs, les bières, les digestifs, les verres de vin, etc.).2. Calculez ensuite le nombre d'Unité d'alcool (reportez-vous au paragraphe « Qu'appelle-t-on une Unité d'alcool ? »). Si votre total de la semaine dépasse 14 Unités pour une femme ou 21 Unités pour un homme et qu'il s'agit d'une semaine classique représentant votre consommation habituelle, nous vous conseillons de changer vos habitudes et d'en parler à votre médecin, il vous apportera son aide.Par exemple :Lundi Matinée : rien (0 Unité d'Alcool)Déjeuner : une demi-bouteille de vin (3,5 UA)Après-midi : un demi de bière (1 UA)Dîner à domicile : un whisky + une demi-bouteille de vin (2 + 3,5 UA)Soirée rien (0 UA)Total de la journée : 10 Unités d'Alcool3. Pour modifier vos habitudes, essayez de déterminer les raisons qui vous amènent à boire de l'alcool et de trouver pour chacune d'entre elles une stratégie pour les éviter.Pour me détendre : Peut être cherchez-vous plus à oublier vos soucis qu'à vous détendre. Si c'est le cas, votre consommation est probablement à problème.Je n'ose pas refuser : Préparez des phrases types de refus : « je prends la route », « je n'aime pas ça », « mon traitement ou mes médicaments sont contre-indiqués avec l'alcool », etc.C'est un plaisir : Par convivialité, l'alcool est une raison acceptable, mais il est indispensable de rester vigilant et ne pas dépasser les limites. Par ailleurs, apprécier un bon vin passe obligatoirement par une consommation modérée. Plus l'alcoolémie s'accroît, moins notre cerveau distingue les saveurs.J'en ai besoin pour faire la fête : Pour certains, faire la fête est synonyme d'avoir « un petit coup dans le nez ». Or, on peut parfaitement s'amuser sans se soûler ! De plus, boire dans une soirée comporte de nombreux risques, en particulier, d'accidents de la route et de violence.Ça m'aide à me sentir mieux : Peut être utilisez-vous l'alcool comme moyen d'évasion, pour oublier la réalité quotidienne. Mais utiliser l'alcool comme tranquillisant conduit à augmenter progressivement les doses pour obtenir le même effet, c'est ce qu'on appelle la dépendance !Ça me donne confiance en moi, je suis plus l'aise : Occasionnellement, boire un verre avant un discours, n'a rien de grave. En revanche, si cela devient une habitude pour renforcer continuellement votre confiance en vous, cette pratique mène directement à la dépendance.

Centres d'alcoologie et sites Internet

Si vous vous retrouvez dans au moins trois des situations suivantes, il est important de demander de l'aide à une personne qualifiée de votre choix.

  • J'éprouve le besoin de consommer pour me sentir mieux ou supprimer un mal-être.
  • On m'a déjà fait des remarques sur ma consommation.
  • J'ai déjà eu l'impression que je buvais trop.
  • J'ai besoin d'alcool dès le matin pour me sentir en forme.
  • Je suis anxieux et irritable si je ne consomme pas.
  • Ma consommation perturbe ma vie personnelle, mes études, mon travail.
Si vous vous retrouvez dans au moins trois des situations suivantes, il est important de demander de l'aide à une personne qualifiée de votre choix.

Et aussi

Drogues Alcool Tabac Service : 113 (Appel gratuit)Fil santé jeunes : 0800 05 41 41

Source : Comité Français d'Education pour la Santé (CFES), devenu L'INPES, Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé. Guide pratique, Assurance Maladie et CFES. www.alcoologie.org www.anpa.asso.fr