Margarine, huile ou yaourt anti-cholestérol : est-ce une bonne idée ?

Publié le 12 Octobre 2009 à 2h00 par Rédaction E-sante.fr
L'excès de cholestérol fait partie des facteurs favorisant les maladies cardiovasculaires. Il convient donc de tout faire pour empêcher son taux de cholestérol de monter ou le faire redescendre. Il existe bien le régime anti-cholestérol, mais que penser des produits alimentaires revendiquant un effet anti-cholestérol ?
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Comment lutter contre l'excès de cholestérol ?


Le régime anti-cholestérol a largement démontré son efficacité, tout comme les médicaments. Mais en complément, peut-on utiliser ces produits revendiquant un effet anti-cholestérol ? Que faut-il savoir ?

Allégation anti-cholestérol : un atout coeur qui ne fait pas tout


En cas d'excès de cholestérol, l'utilisation de ces produits, qu'il s'agisse de produits laitiers, d'une margarine, voire d'une huile, ne suffira pas à elle seule pour retrouver un taux de cholestérol correct. Ils doivent être associés à une alimentation adéquate. Par ailleurs, ils ne se substituent pas à un traitement médicamenteux, et ne justifient pas une diminution, de son propre chef, de sa posologie. Enfin, ils ne dispensent pas non plus d'un suivi médical régulier.

Anti-cholestérol, c'est phytostérol


Légalement, les aliments pouvant afficher un effet bénéfique sur le cholestérol sont ceux qui contiennent de 5 à 15% de phytostérols, des substances naturellement présentes dans les graines et les oléagineux de type colza, qui ont une structure chimique proche de celle du cholestérol.

Comment ça marche ?


Une partie du cholestérol est fabriquée par notre organisme (par le foie), une autre est apportée par notre alimentation. Le cholestérol se fixe sur des transporteurs sanguins (LDL) et est ainsi amené jusqu'aux tissus qui en ont besoin pour fabriquer des molécules comme des hormones par exemple. Il existe un autre type de transporteurs (HDL), dont la fonction est de ramener le cholestérol en excès vers le foie. On comprend que s'il y a trop de LDL et pas assez de HDL, le système se dérègle et les tissus sont inondés de cholestérol, lequel tend à se déposer dans la paroi des artères.

Quant aux phytostérols, ils interviennent lors de la digestion du cholestérol alimentaire en se fixant sur les récepteurs du cholestérol de la paroi intestinale. Résultat, ils agissent comme un leurre et empêchent ainsi le cholestérol de pénétrer dans l'organisme, lequel est éliminé dans les selles. Au final, le taux de cholestérol circulant dans le sang (LDL cholestérol ou mauvais cholestérol) diminue (1).

Quels effets pour quelle quantité de phytostérols ?


Pour obtenir une baisse de 10% du LDL cholestérol, il faudrait absorber des doses de phytostérols allant de 1,5 à 3 g par jour (2). (Inutile d'aller au-delà, il n'y a pas d'effet supplémentaire.)

Si l'on prend une margarine enrichie, cela signifie qu'il faut en consommer 20 à 30 g par jour, ce qui revient à un apport excessif en acides gras ! Dans ces conditions, il est préférable de recourir à des yaourts enrichis par exemple.

Les phytostérols sont-ils efficaces chez tout le monde ?


Ils agissent uniquement sur le cholestérol provenant de l'alimentation. Or certaines personnes présentent un excès de cholestérol car c'est leur foie qui synthétise trop de cholestérol (un dosage sanguin permet de déterminer cet aspect). Dans ces conditions, les phytostérols n'auront aucun effet.

Attention, les phytostérols ont l'inconvénient de diminuer l'absorption du bêta carotène. C'est pourquoi ils sont déconseillés chez les femmes enceintes et les jeunes enfants. Ce phénomène doit être compensé en mangeant plus de fruits et de légumes.

En conclusion, les aliments enrichis en phytostérols représentent une des aides possibles pour lutter contre l'excès de cholestérol. Ils doivent être utilisés en complément d'un régime alimentaire (alimentation diversifiée avec beaucoup de fruits et légumes, pauvre en acides gras saturés d'origine animale, privilégier l'huile de colza, l'huile d'olive, les oméga-3).

Source : (1) Matthan NR. Et coll., Circulation, 112 : II 816-7, 2005. (2) Plat J. et coll., Am. J. Cardiol., 96 (1A) : 15D-22D, 2005.