"Epidémie de césarienne" : les gynécologues lancent l’alerte

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Les gynécologues s’inquiètent du nombre grandissant de naissances par césarienne à l’échelle mondiale. Ce type d’accouchement aurait en effet doublé en l’espace de 15 ans.

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Ce phénomène a quasiment doublé en 15 ans. De 16 millions de naissances par césarienne en 2000 (soit 12% des naissances), les chiffres ont atteint 29,7 millions (21%) en 2015. Dans un dossier qu’ils publient dans le journal The Lancet le 12 octobre 2018, des gynécologues mettent en garde contre la montée de cette pratique.

Un danger pour les mères et les enfants

Selon eux, seulement 10 à 15% des césariennes réalisées possèdent une véritable justification médicale. Des chiffres bien loin de la réalité puisque sur 169 pays répertoriés par les gynécologues, 106 (soit 63%) se situent au-dessus de cette proportion. Le plus souvent, ces interventions sont réalisées dans les milieux aisés et dans des cliniques privées.

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Mais pourquoi ces chiffres inquiètent-ils autant ? "Une césarienne peut être une intervention de premiers secours lorsqu’elle est fait l'objet d'une indication médicale mais cette procédure peut aussi conduire à des effets à court-terme et à long-terme sur la santé des femmes et des enfants" déplorent les gynécologues dans le deuxième article* du dossier. Ainsi, en comparaison aux accouchements par voie basse, les accouchements par césarienne sont associées à des taux plus élevés de mortalité et de morbidité maternelle, de rupture utérine ou encore de mise au monde d’un bébé mort-né. Du côté du nourrisson, une naissance par césarienne modifie son exposition aux hormones et aux bactéries ce qui peut altérer son développement immunitaire, augmentant alors ses risques d’asthme ou d’allergie et diminuant la diversité de son microbiote intestinal (ou flore intestinale).

Une "stabilisation à la baisse"en France

Quelle est la situation en France ? Si les césariennes se multiplient à l’échelle mondiale, les chiffres semblent plutôt rassurants au niveau de l’Hexagone. Le taux de naissance par césarienne reste en effet stable dans notre pays depuis 2010 autour de 20,4%. Interrogé par l’AFP, le docteur Cédric Grouchka, membre du Collège de la Haute Autorité de santé française, parle de "stabilisation à la baisse" et distingue "les césariennes réalisées dans l'urgence, soit après un accouchement qui se passe mal soit au cours du travail, qui correspondent à 60% du total en France, les césariennes programmées pour raison médicale (40%) et celles programmées pour une raison non médicale, à la demande des femmes", qu'il estime à "moins de 1%".

* Short-term and long-term effects of caesarean section on the health of women and children, Sandall et al., 13 octobre 2018, The Lancet.

Publié le 12 Octobre 2018
Auteurs : Laurène Levy, journaliste santé
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