Un(e) orthoptiste, ça sert à quoi ?

Vous n’avez peut-être jamais entendu le mot orthoptiste. Mais si vous êtes déjà allé(e) dans un grand cabinet d’ophtalmologues, ou dans un service d’ophtalmologie à l’hôpital, vous en avez sûrement croisé ! Zoom sur le rôle bien particulier de ce professionnel de la santé des yeux.

PUB

Orthoptistes : mesurer la vue

Un ou une orthoptiste, c’est une personne qui soigne non pas les yeux, mais la vision. Un(e) orthoptiste peut faire tous les tests de vue possibles et imaginables et en interpréter les résultats. Il mesure l’acuité visuelle, mais aussi les éventuels strabismes, la capacité de l’œil à faire le point, etc. Les ophtalmologues qui travaillent seuls en cabinet font aussi ces mesures bien sûr, mais vu l’affluence dans lesdits cabinets, avec des attentes qui peuvent parfois durer des mois avant d’obtenir un rendez-vous, beaucoup misent sur les orthoptistes pour toutes les mesures, et font uniquement ce qui demande vraiment d’intervenir sur l’œil lui-même : fond d’œil, dépistages du glaucome, etc.

PUB
PUB

Les orthoptistes rééduquent aussi…

Comme un kinésithérapeute rééduque le corps, l’orthoptiste rééduque l’œil. La rééducation de l’œil peut avoir différents buts selon les publics. Chez les enfants, l’orthoptiste soigne la plupart du temps le strabisme : 3% des enfants louchent, c’est beaucoup ! Le but en cas de strabisme est d’éviter l’amblyopie, c’est-à-dire une vision basse qui n’est pas liée à l’œil lui-même, mais au mauvais développement de la vue. Pour faire simple, en cas de strabisme ou si un œil a une vision beaucoup moins bonne que l’autre, il arrive que le cerveau « renonce » à voir avec l’un des yeux. Si le problème est repéré à temps, un traitement orthoptique (en général on place un cache sur l’œil qui voit le mieux pour forcer le cerveau à traiter les informations que l’autre lui envoie) permet de résoudre le problème. Sinon, la vision de cet œil risque d’être perdue pour de bon.

Chez l’adulte, la rééducation de l’œil ne vise généralement plus à récupérer de la vision, mais plutôt à mieux utiliser la vision qui reste. Pour les personnes qui ont une très mauvaise vue, l’orthoptiste peut aider à mettre en place des stratégies qui permettront de mieux fonctionner dans la vie quotidienne, et aussi conseiller l’équipement qui conviendra : quelle loupe utiliser, comment bien éclairer ce que l’on regarde, etc. Il peut aussi intervenir si un strabisme apparaît à l’âge adulte, suite par exemple à un accident vasculaire cérébral ou à une chirurgie des yeux.

Publié le 01 Juillet 2015 | Mis à jour le 09 Juillet 2015
Auteur(s) : Marion Garteiser, journaliste santé
Source : Tiphaine Soyer, orthoptiste à l'Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (Bruxelles).