Coupe menstruelle : mal utilisée, elle peut aussi provoquer des chocs toxiques

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) met en garde les utilisatrices de coupes menstruelles. Une mauvaise utilisation de cette protection hygiénique interme peut provoquer un syndrome du choc toxique menstruel.
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La DGCCRF a profité de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle pour publier les conclusions de sa campagne de contrôle centrée sur les coupes menstruelles réalisée en 2019. Si l’enquête remarque qu’il n’y a pas de migration de substances chimiques sur les produits analysés, elle fait un constat inquiétant : il y a un manque important d’informations concernant l’utilisation des cups. Ce qui représente un danger pour la santé des femmes.

Coupe menstruelle : un manque d’information qui peut conduire au choc toxique 

Après avoir contrôlé les notices de 19 modèles de cups menstruelles, la DGCCRF met en garde "l’information des utilisatrices sur les conditions de leur utilisation est généralement insuffisante, voire erronée, ce qui peut générer un risque grave de choc toxique".

L’organisme, chargé entre autres de la sécurité des consommateurs, remarque "si aucune non-conformité n’a été mise en évidence concernant la composition des coupes, l’information des utilisatrices est disparate d’une marque à l’autre et est rarement conforme à l’intégralité des recommandations préconisées. En particulier, le temps de port indiqué varie beaucoup (de 4 h à 12 h), l’utilisation de nuit est presque toujours indiquée comme possible, voire recommandée". 

Or selon les recommandations de l’ANSES, le port maximal pour ce produit est de 6 à 8 heures.

De même, un tiers des références ne donnait aucune information sur le risque de choc toxique qui est pourtant une possibilité comme l’avait confié Sandrine Graneau, utilisatrice de cette protection et victime de cette grave réaction en avril 2019. Pour survivre, la maman de 3 enfants a dû être amputée des deux pieds et une partie de ses doigts.

"Certaines marques prennent en compte le risque lié au syndrome de choc toxique, d’autres en revanche nient ce risque et affirment que les coupes sont sans danger et n’ont jamais été associées à ce risque", prévient la DGCCRF.

Les différents manquants observés ont conduits l’administration relevant du ministère de l’Économie à avoir donné un avertissement à cinq fabricants, selon une information de France Info.


L’ANSES avait également pointé du doigt un manque d’information

S’ils sont graves, les syndromes de chocs toxiques menstruels restent heureusement très rares. Toutefois, la DGCCRF n’est pas la première à pointer du doigt un manque d’information de la part des fabricants de coupes menstruelles pouvant conduire à ce type d’incidents. 

Dans un rapport publié le 20 janvier 2020, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) appelait également à "renforcer l’information des femmes et des professionnels de santé sur le risque de syndrome de choc toxique menstruel (SCT), qui concerne toutes les protections périodiques internes (tampons, coupes menstruelles, …)".

L’organisation en charge d’évaluer les risques sanitaires en France demandait aux entreprises de protections périodiques internes à fournir “une information plus claire sur le risque de syndrome de choc toxique menstruel et ses symptômes" aux utilisatrices. Elle précisait également "s’agissant des emballages et notices, cette demande d’amélioration concerne en particulier les fabricants de coupes menstruelles, plus récemment arrivées sur le marché”.

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