Ceux que la vue d'un gâteau fait grossir

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Des chercheurs New-Yorkais viennent de montrer que la simple vue de nourriture suffisait à stimuler le circuit cérébral du plaisir. Selon eux, la surinformation alimentaire induirait ainsi un déséquilibre dans les comportements de prise alimentaire et pourrait ainsi être en partie responsable du phénomène d'obésité croissant dans les sociétés occidentales.

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Le surpoids concerne aujourd'hui un très grand nombre d'entre nous. Evidement, face à tant d'abondance, la tentation est forte. Mais au fait, pourquoi est-elle si forte ? On sait déjà qu'au même titre que la cigarette, l'alcool ou le plaisir sexuel, la prise alimentaire stimule notre circuit cérébral du plaisir. Qu'en est-il de la simple vue de nourriture ?

Une équipe du Brookhaven National Laboratory vient de mettre en évidence cet effet chez dix volontaires de poids normal et à jeun. Lorsque ces personnes étaient exposées à la vue d'un plat qu'elles aimaient, sans toutefois pouvoir le consommer, cela provoquait chez elles l'augmentation d'un neurotransmetteur, la dopamine, dans une région particulière du cerveau. Or, cette dopamine constitue un messager chimique capable d'activer les neurones participant au circuit du plaisir.

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De là à penser que la vue de nourriture pouvait inciter à la consommer, il n'y avait qu'un pas, que les chercheurs ont franchi. Selon eux, ce comportement a été sélectionné au cours de l'évolution de l'espèce humaine car il favorisait sa survie, incitant l'homme à consommer la nourriture lorsque celle-ci était disponible.

Cependant, loin de lutter pour trouver notre pitance, nous sommes aujourd'hui abreuvés à outrance d'informations alimentaires. Le cerveau sécrète donc de la dopamine en excès, ne permettant ainsi plus de faire la différence entre besoin (alimentaire) et envie. Pour Nora Volkow et ses collaborateurs ce mécanisme pourrait expliquer en partie le phénomène croissant d'obésité dans les pays occidentaux.

Publié par Dr Agnès Lara le Lundi 17 Juin 2002 : 02h00
Source : Volkow N. et coll., Synapse 2002; 44(3): 175-180.