Cancer du sein : jeûner avant la chimio boosterait le traitement

Faire un jeûne avant la chimiothérapie : voici le conseil à suivre pour renforcer l'efficacité du traitement lorsqu’on a un cancer du sein, selon des chercheurs de l’université de Leiden (Pays-Bas). Toutefois, plusieurs professionnels de la santé appellent à la prudence.
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Une chimiothérapie est un traitement lourd et difficile à supporter. Les patients qui doivent se soumettre à ces soins éprouvants, essaient d’adopter une hygiène de vie qui leur permet de les supporter et booster leur chance de guérison. Selon les scientifiques de l’université de Leiden, suivre un jeûne avant de débuter une chimio, améliore justement l’état des malades du cancer du sein.

Cancer du sein : jeûner pour "affamer" les tumeurs 

Depuis plusieurs années, les recherches sur le jeûne comme possible arme anti-cancer se multiplient. La nouvelle étude, publiée dans la revue Nature le 23 juin 2020, assure pour sa part que suivre une alimentation à base de plantes et pauvre en calories, aide à lutter contre le cancer du sein. Ce régime imitant le jeûne (Fasting mimicking diet, FMD), composé de soupes, de bouillons, de liquides et de thé, affameraient les tumeurs.

L’équipe du centre médical de l'université néerlandaise s'appuient sur les données obtenues après avoir suivi 129 patientes atteintes d’un cancer du sein de stade 2 ou 3. 65 d’entre elles devaient “jeûner” trois jours avant la chimiothérapie ainsi que le premier jour du traitement. Elles absorbaient ainsi 1200 kilocalories le premier jour puis 200 Kcal par jour les trois suivants. Les glucides complexes représentaient alors environ 80% des calories absorbées. 

8 sur 10 ont complété ce programme alimentaire lors de leur premier cycle de chimiothérapie. Plus de 50% l’ont suivi sur 2 sessions, et seulement 20% ont respecté le FMD sur l’ensemble de leur traitement.

Après avoir recueilli les données de celles qui avaient réussi à le faire sur au moins deux cycles, ils ont comparé les résultats avec les patientes ayant suivi une alimentation normale. 

La responsable de l'expérience Stefanie de Groot indique que les femmes ayant fait un jeûne avaient mieux supporté le traitement. S’il ne renforce pas la toxicité du traitement, il améliore la survie sans progression de la tumeur. Selon les chercheurs européens, les cellules saines passent d'un état de prolifération à celui de réparation pendant ce régime spécial, tandis que les cellules malignes ne s'adaptent pas à un environnement pauvre en nutriments. "Le jeûne prive les cellules cancéreuses proliférantes de nutriments, de croissance et d'autres facteurs, ce qui les rend plus sensibles au traitement du cancer et augmente la mort cellulaire", est-il écrit dans la revue scientifique.


Jeûne et cancer : une piste de recherche souvent étudiée

La piste de recherche des Néerlandais n’est pas vraiment nouvelle. Le Dr Virginia Kaklamani, du Mays Cancer Center de la faculté de San Antonio a confié au site MedPage Today : "nous parlons de jeûne intermittent depuis longtemps, donc ce n'est pas un hasard". Elle poursuit "le concept est basé sur un grand nombre de données précliniques que nous avons, et pas seulement sur la chimiothérapie. Quand vous regardez comment le métabolisme du corps change lors d’un jeûne intermittent, c'est assez fascinant parce que vous diminuez beaucoup de marqueurs inflammatoires, vous diminuez beaucoup de facteurs de croissance comme l'insuline. Et donc la pensée est que cela pourrait être une bonne thérapie anti-cancer en soi". Toutefois, l’étude montre quelques points faibles.

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