Bébé ne fait pas ses nuits à un an : faut-il s’inquiéter ?

Publié le 16 Novembre 2018 par Laurène Levy, journaliste santé
Les nourrissons qui ne font toujours pas leurs nuits à l’âge d’un an ne souffriraient pas pour autant de retard de développement mental ou psychomoteur, selon une récente étude canadienne. 
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Bébé vient de souffler sa première bougie mais ne fait toujours pas ses nuits. Dans quelle mesure ce constat est-il inquiétant ? Des chercheurs en psychologie de l’éducation à l’université McGill à Montréal (Canada) se sont intéressés à la question. Dans une étude qu’ils publient en ligne le 12 novembre 2018 et qui paraîtra en décembre dans le journal Pediatrics, ils avancent que des nuits interrompues, même à un an, n’auraient pas d’influence sur la santé de l’enfant et sur son développement.

28% des bébés de un an dorment moins de six heures d’affilée

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les données du sommeil de 388 bébés de six mois et de 369 bébés d’un an à travers les informations fournies par leur mère. Ils ont ensuite comparé ces données à un indice de développement mental et psychomoteur (appelé Bayley Scales of Infant Development II) et à l’état psychologique de la mère aux âges de six, 12 et 36 mois.

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Premier constat : 38% des enfants de six mois ne dormaient pas plus de six heures d’affilée la nuit et 57% des enfants du même âge ne dormaient pas plus de huit heures d’affilée. Les bébés d’un an, quant à eux, étaient 28% à ne pas dormir au moins six heures d’affilée et 43% ne dormaient pas huit heures d’une traite.

Autre résultat observé : aucune corrélation n’a pu être observée entre le nombre d’heures dormies d’affilée et le développement mental et psychomoteur concomitant ou ultérieur. Et, bonne nouvelle également : malgré les interruptions de sommeil, le fait que le nourrisson ne fasse pas ses nuits ne serait pas associé à une dégradation de l’humeur maternelle.

Nuits interrompues et allaitement

Enfin, seul lien observé par les chercheurs : les bébés qui ne faisaient pas leur nuit étaient également ceux qui étaient les plus allaités. Un comportement à privilégier même si cela est associé à des nuits interrompues, selon les chercheurs : "les études ont documenté les nombreux bénéfices de l’allaitement à la fois pour les enfants et les mères, notamment un abaissement du risque d’infections respiratoires, de gastro-entérite et d’asthme. L’allaitement possède aussi un impact positif sur les fonctions cognitives" notent en effet les scientifiques dans leur publication.

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Conclusion : inutile de s’inquiéter à outrance si votre enfant tarde à atteindre la plénitude d’une nuit complète. "La transition vers la parentalité est une période de vie vulnérable, et il pourrait être rassurant pour les parents d’apprendre que dans une cohorte typique, jusqu’à 38% des nourrissons ne dorment pas six heures consécutives à l’âge de six mois et jusqu’à 28% à l’âge 12 mois" soulignent en effet les chercheurs dans leur publication. Des chiffres à garder en tête pour ne pas culpabiliser et ne pas s’affoler lorsque bébé pleurera au beau milieu de la nuit.

Source : Uninterrupted Infant Sleep, Development, and Maternal Mood. Pennestri et al., Pediatrics décembre 2018, publié en ligne le 12 novembre 2018 
Parents shouldn’t worry if their infant doesn’t sleep through the night by 6-12 months of age. Communiqué de l’université McGill (Canada), 12 novembre 2018