4 causes d’AVC chez la femme
Publié le 24 Janvier 2019 à 14h29 par Marion Maublanc, journaliste santé

Il est la première cause de mortalité chez les femmes et la troisième chez les hommes. L’accident vasculaire cérébral (AVC) correspond à un arrêt brutal de la circulation du sang dans un vaisseau irriguant le cerveau. Il est provoqué soit par l’obstruction du vaisseau par un caillot (AVC ischémique) soit par la rupture du vaisseau sanguin (AVC hémorragique). Lorsqu’il survient, il constitue une urgence médicale absolue car dans 40% des cas, des séquelles importantes (handicap, démence…) persistent.

Mais quels sont les facteurs de risque d’AVC chez les femmes ? L’influence de certains facteurs de risque d’AVC est plus importante chez les femmes que chez les hommes et celles-ci sont peu informées de ces risques.

Hypertension artérielle et fibrillation auriculaire

C’est notamment le cas de l’hypertension artérielle  et de la fibrillation auriculaire, plus fréquents chez les femmes que chez les hommes. L’hypertension artérielle correspond à une pression du sang trop élevée dans les artères de façon permanente. Elle fatigue le cœur et provoque des accidents cardio-cérébro-vasculaires.

Du fait des changements hormonaux qui surviennent au cours de la vie des femmes, celles-ci sont plus à risque de développer une hypertension artérielle que les hommes. Les moments les plus à risque pour les femmes sont la prise d’une contraception avec œstrogènes de synthèse, la grossesse et la ménopause. Ainsi, "l’hypertension artérielle touche 10 à 15 % des femmes enceintes. Et plus d’une femme sur deux ménopausée sera hypertendue. Une surveillance rapprochée et préventive s’impose donc aux femmes aux phases clés de leur vie" alerte la professeur Claire Mounier-Vehier, Présidente de la Fédération Française de Cardiologie, sur le site de cette fédération

Même constat pour la fibrillation auriculaire, ou fibrillation atriale, un trouble du rythme cardiaque qui fait battre le cœur plus vite et de façon irrégulière. Elle peut être une conséquence de l’hypertension artérielle et, en parallèle, "le risque de développer une fibrillation auriculaire augmente avec l’âge. Étant donné que les femmes vivent plus longtemps que les hommes, il y a plus de femmes qui en sont atteintes" note la Fondation canadienne des maladies du cœur et de l’AVC qui observe également que "l’atteinte causée par la fibrillation auriculaire est souvent plus grave chez les femmes et celles-ci sont plus nombreuses que les hommes à mourir d’un AVC lié à cette condition".

Contraception hormonale et traitements de la ménopause

Les médicaments hormonaux participent également au risque d’AVC chez les femmes. La contraception orale ou pilule contraceptive et les traitements hormonaux substitutifs de la ménopause sont ainsi pointés du doigt. Et pour cause : ces médicaments à base d’hormones augmentent le risque de formation de caillot sanguin, ou thrombose, qui peut lui-même être à l’origine d’un AVC ischémique.

Le tabagisme

Le tabagisme constitue un facteur de risque d’AVC. Et si le tabagisme masculin diminue, le tabagisme féminin, lui, augmente depuis les années 1970, ce qui rend les femmes plus vulnérables aux effets du tabac sur leur santé cardiovasculaire. 

Pire, lorsqu’il est associé à une hypertension ou à la prise d’un médicament hormonal, le rôle du tabagisme dans la survenue d’un AVC peut être augmenté.

La grossesse : attention à l’éclampsie

Enfin, la grossesse est une période particulièrement à risque d’AVC dans la vie des femmes et ce principalement pour une raison : l’éclampsie, première cause d'AVC pendant la grossesse. L’éclampsie correspond à une crise de convulsions survenant chez la femme enceinte qui souffre d’hypertension artérielle et constitue une urgence vitale pour la mère et l’enfant à naître. Il s’agit souvent d’une complication de la pré-éclampsie, une maladie fréquente de la grossesse qui associe une hypertension artérielle et l’apparition de protéines dans les urines.

Des facteurs de risques communs aux femmes et aux hommes

En plus de ces facteurs de risque propres aux femmes ou plus importants chez les femmes que chez les hommes, d’autres facteurs de risque communs aux femmes et aux hommes existent.

Il s’agit de l’âge - le risque d'AVC augmente avec l'âge, après 50 ans chez l'homme et après 60 ans chez la femme – de l’existence d’antécédents familiaux d’AVC, du diabète, de l’hypercholestérolémie, de l’obésité ou du surpoids, de la sédentarité et de la consommation d’alcool.

 

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de E-sante.

Votre adresse mail est collectée par E-sante.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

Source : L’accident vasculaire cérébral, une (autre) inégalité homme-femme ? Communique de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), 6 septembre 2017 
Accident vasculaire cérébral (AVC), Dossier d’information de l’Inserm, mis à jour le 10 janvier 2013 
Comprendre l'accident vasculaire cérébral (AVC), Ameli.fr, 13 novembre 2018 
La prévention des AVC, Ministère des Solidarités et de la Santé, mise à jour le 30 novembre 2017 
L’AVC chez les femmes, Fondation des maladies du cœur et de l’AVC 
Contraception, grossesse, ménopause : des situations à risque d’hypertension très spécifiques chez les femmes, Fédération Française de Cardiologie, 9 mai 2017