Strings, tampons, protège-slips : nos mauvaises habitudes en hygiène intime

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Jeudi 03 Septembre 2015 : 13h03
Mis à jour le Vendredi 04 Septembre 2015 : 16h05

Certaines de nos habitudes vestimentaires, apparemment anodines, peuvent favoriser les problèmes intimes féminins comme les mycoses génitales ou les infections urinaires, surtout chez les femmes plus vulnérables. Des spécialistes se sont penchés sur le rapport entre lingerie et hygiène intime. Quand notre intimité fait les frais de notre coquetterie….

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Mycoses vulvo-vaginales : à faire/ à ne pas faire

Préférez la lingerie en coton !

Lorsqu’on est une femme à risque de récidives de mycoses vulvo-vaginales, tous les conseils sont bons à entendre, notamment sur certaines "mauvaises" habitudes vestimentaires.

Dr Béatrice Guigues, gynécologue-obstétricien à Caen et vice-présidente du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF): « Tout ce qui induit une macération, une transpiration, un échauffement et une irritation (comme le frottement), peut déséquilibrer la flore locale et contribuer à l’apparition d’une mycose vulvaire et/ou vaginale. Cela peut modifier le pH vulvaire et vaginal ».

Le pH vulvaire et vaginal est idéalement compris entre 4 et 4,7, il peut alors devenir plus basique et tendre vers 5, d’où un déséquilibre de la flore vaginale et vestibulaire (espace entre les petites lèvres).

Dr Guigues: « Par conséquent, strings mais aussi lingerie en fibres synthétiques, slips, pantalons serrés/moulants sont à utiliser avec parcimonie, a fortiori chez les femmes sensibles aux mycoses. Elles doivent privilégier les matières naturelles comme le coton ou la soie aux matières synthétiques, moins à même d’entraîner un échauffement local ».

L’autre avantage du coton est qu’il est lavable entre 60° et 90°, températures fatales au Candida Albicans, ce champignon de la famille des levures responsable des mycoses.

Evitez les protège-slips !

Ce rôle de certaines pratiques vestimentaires dans les infections génitales a été précisé par l’étude italienne SOPHY (Study On pH and Hygien) (1). Si elle a confirmé que les mycoses vaginales sont plus fréquentes avec des sous-vêtements en matières synthétiques comparé aux matières naturelles (25,5% contre 15,7%), elle révèle aussi que le premier ennemi, c’est le protège-slip ! D’où un conseil : portez-en mais occasionnellement. Il augmente le risque de mycoses et d’infections vaginales s’il est porté chaque jour, de près de 35% contre 25%. SOPHY confirme de plus, que porter un jean très serré et moulant accroît, du fait des frottements, le risque d’infections mycosiques. Les collants n’ont, quant à eux, eu aucun impact négatif.

Les strings, à oublier en cas de cystites à répétition

Vous êtes plutôt culotte ou string ? C’est un choix tout personnel, sur le plan du confort et de l’esthétique. Mais en cas de vulnérabilité aux infections urinaires, la question mérite d’être posée. Et là, le string semble perdre la partie:

Pr Jean-Paul Boiteux, membre du Comité d’Infectiologie de l’Association Française d’Urologie (CIAFU) et responsable du service d’urologie (CHU de Clermont Ferrand): « L’extrême majorité des cystites est causée par un germe pathogène (le colibacille Escherichia Coli, le plus souvent) provenant de l’anus qui remonte vers la vessie, sauf peut-être dans certains cas de récidives multiples pour lesquelles on peut invoquer une "incrustation" du germe dans la paroi vésicale. C’est le même principe pour les rapports sexuels : il est prouvé que les mouvements font remonter ce germe du périnée vers la vessie, favorisant les cystites, tout comme s’essuyer d’arrière en avant ».

Or le string, contrairement à la culotte plus large, se comporte comme une sorte de mèche ou d’ascenseur ramenant les germes de l’anus vers le vagin!

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Jeudi 03 Septembre 2015 : 13h03
Mis à jour le Vendredi 04 Septembre 2015 : 16h05
Source : (1) GUASCHINO, S., BENVENUTI, C., et al. SOPHY Project: an observational study of vaginal pH and lifestyle in women of different ages and in different physiopathological conditions. Part I and II. Minerva Ginecol. 2008, vol. 60, p. 1-6. Etude financée par le laboratoire Rottapharm. 
D’après des entretiens avec le Dr Béatrice Guigues, gynécologue-obstétricien à Caen et vice-présidente du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) et le Pr Jean-Paul Boiteux, membre du Comité d’Infectiologie de l’Association Française d’Urologie (CIAFU) et responsable du service d’urologie (CHU de Clermont Ferrand).
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