Les retardateurs de flamme nous empoisonnent à petit feu

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 17 Mai 2013 : 12h06
Mis à jour le Lundi 17 Juin 2013 : 13h58

Que sont les retardateurs de flamme et où les trouve-t-on ? Quels sont leurs effets sur la santé ? Le point sur ces substances chimiques « anti-feu » et quelques conseils pratiques pour s’en protéger.

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Les retardateurs de flamme sont partout…

Un retardateur de flamme est une substance que l’on ajoute lors de la fabrication d’un matériau pour lui conférer une résistance au feu et répondre aux normes de sécurité incendie. On diminue ainsi le risque qu’un vêtement, un canapé, une télévision, un appareil électrique, électronique ou tout autre matériau de construction, ne prenne feu. À noter que le retardateur de flamme empêche le départ du feu mais aussi sa propagation en ralentissant la combustion.

Des retardateurs de flamme dans toute la maison

Aujourd'hui, la plupart des objets qui nous entourrent contiennent des retardateurs de flamme : matières plastiques d’appareils électriques, électroménagers et électroniques (câbles, ordinateurs, télévision), vêtements, tapis, tissus d’ameublement, mobiliers, mousses et matériaux de rembourrage, isolants, peintures, certains matériaux de construction, etc.

Quels sont les risques pour notre santé ?

Sol, air et eau : les retardateurs de flamme s'accumulent dans notre environnement

L’utilisation croissante des retardateurs de flamme au cours des dernières décennies s’est accompagnée d’une diminution des incendies résidentiels, mais parallèlement, ces substances se sont accumulées dans notre environnement (sol, air, eau) et dans les organismes vivants, notamment dans les graisses, ce qui conduit à une exposition de plus en plus importante de la population. Or ces substances ignifuges ont potentiellement des effets sur la santé, ce qui a mené l’Union Européenne à règlementer la fabrication et l’utilisation de certains de ces composés.

Atteinte du foie, de la thyroïde et troubles neurocomportementaux

Eneffet, certains retardateurs de flamme bromés sont des polluants organiques persistants auxquels les consommateurs peuvent être exposés, notamment via la consommation de denrées d'origine animale. D’autres retardateurs de flamme sont des perturbateurs endocriniens pouvant notamment affecter la reproduction. Selon l’Ineris, certains retardateurs de flamme (PBDE) « sont suspectés d’être des perturbateurs du système endocrinien des mammifères. Leur action, qui cible principalement le foie et la thyroïde, se traduirait par un retard dans le développement et la maturation sexuelle et par un effet sur le développement du système nerveux (troubles neurocomportementaux) des fœtus et nouveau-nés ».

Danger par accumulation

Mais à ce jour les effets sur l’homme ne sont pas clairement démontrés. En revanche, les multiples expositions auxquelles nous sommes soumis nous font suspecter un réel danger par accumulation. Pour l’heure, un suivi sur 10 ans des taux de polymères bromés dans l’environnement est en cours ainsi qu’une étude de bio-surveillance chez l’homme concernant le deca-BDE dans le sang et le lait maternel.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 17 Mai 2013 : 12h06
Mis à jour le Lundi 17 Juin 2013 : 13h58
Source : Anses, Avis du 14 septembre 2012, http://www.anses.fr/sites/default/files/documents/RCCP2010sa0225.pdf.  Afssa, 24 juillet 2006, http://www.anses.fr/sites/default/files/documents/RCCP2005sa0090.pdf.
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