Poids et santé : les édulcorants ne sont pas la solution miracle

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 14 Janvier 2015 : 10h20
Mis à jour le Mercredi 14 Janvier 2015 : 10h36

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a procédé à une évaluation sur l’intérêt nutritionnel des édulcorants.

La conclusion est toujours la même : ces édulcorants ne représentent pas une solution miracle.

La seule façon de perdre du poids durablement est de diminuer la ration calorique, avec ou sans édulcorant !

© Istock

Quels sont les bénéfices nutritionnels des édulcorants ?

Après avoir évalué les risques toxicologiques des édulcorants intenses dans un précédent rapport très rassurant, les autorités ont souhaité déterminer les bénéfices nutritionnels potentiels des édulcorants intenses (aspartame, acésulfame de potassium, cyclamate, saccharine, sucralose, sels d’aspartame-acésulfame…). Rappelons qu’ils sont aujourd’hui très largement utilisés dans les aliments et les boissons en raison de leur fort pouvoir sucrant et parce qu’ils sont dénués de toute calorie. Ils sont employés comme substitut du sucre afin d’offrir aux consommateurs des produits moins énergétiques compatibles avec des objectifs de perte de poids ou de stabilité pondérale, et en cas de diabète.

Les experts sont arrivés à la conclusion suivante : « malgré un nombre important d’études, les données sont insuffisantes pour statuer sur un bénéfice nutritionnel à long terme de la consommation de produits contenant des édulcorants en remplacement du sucre ».

  • Dans la plupart des cas, le recours aux édulcorants s’accompagne d’un apport énergétique moindre mais cet effet n’a pas été prouvé à long terme.
  • Les études disponibles n’attestent pas d’une perte de poids ou d’un contrôle du poids chez l’adulte, l’adolescent ou l’enfant.
  • Chez les sujets diabétiques, il n’a pas été démontré de bénéfice sur le contrôle de la glycémie.
  • Aucun avantage non plus en prévention du diabète de type 2.

Quant aux risques potentiels à long terme liés à la consommation d’édulcorants intenses, ils n’ont toujours pas pu être démontrés : variation de la glycémie, habituation au goût sucré, prise de poids, diabète de type 2, cancer, lymphome, etc.

Au final, les données scientifiques et cliniques ne permettent ni de recommander la consommation régulière d’édulcorants ni de les écarter car aucune information n’atteste d’un risque chez les consommateurs ponctuels. En revanche, on ne peut « écarter complètement certains risques en cas de consommations régulières et prolongées ».

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Utilisés judicieusement, les édulcorants représentent une aide, pas une solution

En pratique, ce qu’il faut c’est :

  • Boire de l’eau et non des boissons sucrées ou édulcorées.
  • Limiter (sans les exclure) tous les produits sucrés, y compris édulcorés.
  • Et pour perdre du poids, la seule solution consiste à réduire ses apports énergétiques totaux avec ou sans l’aide des édulcorants.
Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 14 Janvier 2015 : 10h20
Mis à jour le Mercredi 14 Janvier 2015 : 10h36
Source : Avis de l’Anses, Rapport d’expertise collective, « Évaluation des bénéfices et des risques nutritionnels des édulcorants intenses », novembre 2014.
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