Migraines cataméniales, comment en venir à bout ?

Publié par Laura Houeix, journaliste santé le Lundi 13 Avril 2015 : 09h00
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Chaque mois à l’approche des règles, certaines femmes souffrent de migraines plus ou moins intenses, appelées, migraines cataméniales. Trop souvent négligées, ces douleurs peuvent pourtant être atténuées voire même évitées. 

Sur les deux millions de femmes qui souffrent de migraines à l’approche de leurs règles, peu d’entre elles consultent un médecin. Mais lorsque les crises interviennent régulièrement, des solutions existent pour soulager ou éviter ces désagréments souvent handicapants.

Pourquoi des migraines au moment des règles ?

Les migraines cataméniales (ou menstruelles) surviennent au moment des règles et dans les deux jours les précédant. Généralement, les femmes déjà sujettes aux migraines seront plus sensibles encore dans cette période. Lors du cycle menstruel, la fluctuation des hormones hypophysaires induit des fluctuations des taux d’œstrogènes et de progestérone ? Les œstrogènes ayant un effet sur le système nerveux et vasculaire, c’est la chute des œstrogènes qui provoque des migraines menstruelles chez certaines femmes. De la même façon, l’évolution de la maladie migraineuse peut être modifiée par la prise de contraceptifs oraux.

Quid de la pilule ?

Il n’est pas rare de noter l’apparition de la maladie migraineuse ou une aggravation de la fréquence et de la sévérité́ des crises après la mise en route d’une contraception orale. L’arrêt de la pilule ou son changement pour une forme moins dosée n’apporte pas toujours l’amélioration escomptée. Cependant, 30 à 40 % des migraineuses ne notent aucune modification de leurs crises sous pilule et certaines constatent même une amélioration. Il n’y a pas, à ce jour, d’explication à ce phénomène et aucune étude ne permet aujourd’hui de connaître l’influence exacte du contenu en œstrogènes et en progestatifs des pilules sur le cours de la migraine cataméniale. Il a tout de même été observé que pendant la grossesse, les taux étant naturellement stables, 80 % des femmes souffrent moins et que les crises cessent ou diminuent d’intensité à la ménopause.

70 % des migraineuses concernées

Menée par 769 médecins généralistes auprès de 14 331 femmes adultes réglées ou ménopausées sous traitement hormonal substitutif, l’enquête Emica (Enquête épidémiologique en médecine générale sur la migraine cataméniale et sa prise en charge) apporte une vue réelle sur ces désagréments menstruels. Plus de la moitié des femmes (57 %) avaient des céphalées et parmi elles 43 % étaient migraineuses, selon les critères de l’International Headache Society (Société internationale des migraines). Parmi ces patientes, 70 % avaient des migraines menstruelles, dont 29 % de forme pure, se produisant uniquement au moment des règles. Les crises de migraines cataméniales ont la réputation d’être plus sévères et plus difficiles à traiter. Mais selon les témoignages recueillis, près de la moitié des femmes (47 %) estimaient qu’il n’y avait pas de différence entre les crises de migraine « ordinaires » et les crises cataméniales. Plus d’un tiers (36 %) estimaient que ces crises étaient plus sévères que les crises non cataméniales.

Une autre migraine

Les migraines cataméniales sont de deux types. La migraine menstruelle « pure » où les crises surviennent entre deux jours avant et 3 jours après le début des règles et sans crise en dehors de cette période. Ce type de migraine est assez rare puisqu’elle concerne 7 % des cas. La migraine aggravée par les menstruations est en revanche plus fréquente. Les crises peuvent survenir n’importe quand, tout au long du cycle mais sont plus fréquentes au moment des règles. Les migraines cataméniales sont plus longues et plus intenses et souvent récurrentes. Certains facteurs déclenchants, au-delà des fluctuations hormonales, sont bien connus, comme une irrégularité́ du sommeil, le stress, une variation du comportement alimentaire ou encore la consommation d’alcool.

Une douleur difficile à traiter

Si la migraine cataméniale se traite comme toutes les migraines, elle est souvent plus difficile à enrayer. Dans certains cas, le médecin traitant ou le gynécologue peut prescrire un traitement hormonal préventif, souvent une crème ou un patch libérant des œstrogènes à appliquer avant les règles, ou un contraceptif oral à prendre en continu si la personne souhaite une contraception ou que sa pilule aggrave les crises. Le traitement des symptômes de la migraine sera celui d’une migraine classique à base d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et d’antalgiques, ou plus spécifiquement pour des migraines très intenses, des triptans (Zomig, Almogran) ou des dérivés de l’ergot de seigle.

Des plantes pour soulager

Au-delà du traitement médicamenteux classique, certaines plantes permettent à la fois de soulager les douleurs mais aussi de les anticiper. « Afin de soulager en premier lieu les douleurs, l’application d’une petite trace d’huile essentielle de menthe poivrée sur les tempes peut être efficace, explique Annie Casamayou, naturopathe et réflexologue. Pour rééquilibrer le terrain il est aussi utile de prendre du magnésium marin qui est à la fois un traitement de fond et un traitement de crise. » Il est également conseillé de masser certains points d’acupuncture, comme la fourche entre le pouce et l’index, point de drainage du gros intestin et actif sur le foie lui-même chargé de dégrader les hormones. Enfin, l’huile essentielle de sauge sclarée, appliquée en pressant quatre doigts sur la malléole externe (au-dessus de la cheville côté extérieur de la jambe) a aussi des effets bénéfiques puisqu’elle contient des molécules proches des œstrogènes.

Et pour anticiper les crises

« Le souci des traitements médicamenteux de la migraine cataméniale est qu’ils surchargent le foie, celui-ci déjà très sollicité par la dégradation des hormones, commente Annie Casamayou. L’idéal pour éviter ces crises en amont est donc de nettoyer son foie, avant les règles. » Pour ceci, une cure de radis noir, d’huile d’onagre ou encore des infusions de romarin, associée à une alimentation équilibrée, voire diminuée le soir, s’avère efficace. « Les résultats ne sont pas forcément perceptibles tout de suite avec ce type de traitement qui agit globalement sur le terrain, appuie Annie Casamayou. En revanche, en suivant ces prescriptions pendant trois mois, les effets se font ressentir et les migraines peuvent alors s’estomper, voire disparaître. »

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Publié par Laura Houeix, journaliste santé le Lundi 13 Avril 2015 : 09h00
Source : "Migraines cataméniales, comment en venir à bout ?", Côté Santé, magazine N° 92, mars/avril 2015. 
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