Faut-il tester les médicaments chez les personnes âgées ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 04 Décembre 2002 : 01h00
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Les personnes âgées sont de grands consommateurs de médicaments. En plus, elles sont particulièrement sensibles aux effets indésirables. Avant leur mise sur le marché, ne faudrait-il pas rendre obligatoire l'étude des médicaments sur les seniors afin de mieux connaître leurs effets secondaires et réduire leur incidence ?

Près de 10% des hospitalisations des plus de 70 ans sont dues à un effet médicamenteux indésirable. Pour cette raison, nombre de médicaments sont retirés du marché !Paradoxalement, la majorité des spécialités pharmaceutiques ne sont jamais testées chez les personnes âgées avant leur commercialisation. Or, avec le vieillissement de la population, la proportion des plus de 65 ans devrait doubler d'ici 2050 et atteindre 26,7%.Etudier les effets des médicaments chez les plus de 75 ans, voire les plus de 80 ans, permettrait de réduire les pathologies iatrogènes (induites par les médicaments) que l'on constate fréquemment chez ces personnes. En effet, les données obtenues lors d'essais cliniques réalisés chez des sujets jeunes ou, au mieux, chez des seniors en bonne santé, ne sont pas extrapolables aux grands vieillards qu'ils soient à domicile, pris en charge dans des maisons de retraite ou dans des services de long séjour.

A l'instar de ce qui commence à se faire en pédiatrie, Il serait certainement préférable d'instaurer certaines mesures visant à mieux connaître les effets des médicaments sur cette population vieillissante ?Il semble aujourd'hui nécessaire de mettre en place des essais cliniques, dès les phases 2 et 3, chez un grand nombre de patients très âgés. Ensuite, pendant la phase 4, c'est-à-dire durant le suivi des effets secondaires après commercialisation du médicament, des études menées sur des sujets polypathologiques en condition de « vraie vie », détermineraient le réel bénéfice/risque en tenant compte des nombreuses interactions médicamenteuses.Et enfin, des données plus précises sur la pharmacocinétique (dont la dégradation d'un médicament dans l'organisme) et la galénique (conditionnement du produit : pilule, patch, sirop, gouttes, granulés), qui diffèrent à 30 ans et à plus de 65 ans, permettraient une meilleure posologie et une bonne observance.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 04 Décembre 2002 : 01h00
Source : Colloque sur la longévité, jeudi 21 novembre 2002, Paris, Institut Servier.
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