DMLA : l’Avastin® enfin remboursé !

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 28 Août 2015 : 12h27
Mis à jour le Vendredi 28 Août 2015 : 14h14

Un arrêté paru au Journal Officiel le 27 août autorise enfin le remboursement de l’Avastin® dans le cadre du traitement de la DMLA. Cette décision fait suite à une recommandation temporaire d’utilisation (RTU) vivement contestée par le laboratoire fabricant mais qui permettra à l’Assurance maladie de faire de substantielles économies.

Traitement de la DMLA : Lucentis® ou Avastin®

Le Lucentis® est le traitement de référence de la DMLA, un trouble visuel de la rétine source de handicap visuel sévère, dont la fréquence augmente avec l’âge. Son inconvénient est son prix : 800 euros l’injection mensuelle. Or il existe un autre médicament, l’Avastin®, tout aussi efficace contre la DMLA et bien meilleur marché avec un coût allant de 30 à 50 euros l’injection. Le frein vient du fait que ce médicament est un anticancéreux qui n’a pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) dans le traitement de la DMLA. Il ne peut donc être prescrit que hors AMM et ne bénéfice pas de remboursement de la Sécurité sociale.

Cette situation est liée au fait que le laboratoire Roche, qui a mis au point les deux médicaments, n’a jamais déposé de demande d’AMM dans la DMLA pour l’Avastin®. Ce qui n’est guère surprenant dans la mesure où la commercialisation du Lucentis® a été confiée à Novartis, moyennant un versement de royalties sur les ventes réalisées.

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RTU et remboursement pour l’Avastin®

Pour contourner cette situation ruineuse pour la Sécurité sociale, les autorités ont délivré à l’Avastin® une recommandation temporaire d’utilisation (RTU) dans la DMLA. Il ne manquait plus que l’arrêté fixant les conditions de prise en charge et son prix : 10 euros la seringue. En résumé, les médecins peuvent désormais prescrire officiellement à leurs patients de l’Avastin® au lieu du Lucentis®, ce qui va permettre à la Sécurité sociale de faire de considérables économies.

Cette RTU est vivement contestée par Roche qui met en avant le conditionnement non adapté aux injections mensuelles contre la DMLA. L’autre réserve est liée au fait que pendant toute la durée de la RTU, la responsabilité du suivi des patients incombe au fabricant : recueil et analyse des données d’efficacité et de sécurité…

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Vendredi 28 Août 2015 : 12h27
Mis à jour le Vendredi 28 Août 2015 : 14h14
Source : Journal Officiel, 27 août 2015.
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