Cauchemars : une thérapie pour ne plus en souffrir

Publié par Brigitte Bègue, journaliste santé le Mardi 05 Avril 2016 : 18h00
Mis à jour le Mardi 12 Avril 2016 : 18h55

Dans la majorité des cas, les cauchemars sont occasionnels mais, chez certaines personnes, ils sont récurrents et source de souffrance. On peut s’en débarrasser par la visualisation répétée d’images positives, une thérapie destinée à transformer le cauchemar en rêve mais encore peu répandue. L'Observatoire B2V des Mémoires s'est penché sur la question.

Tout le monde fait des cauchemars

Les cauchemars ne sont pas le lot de quelques personnes, tout le monde en fait. D’ailleurs, les rêves agréables ne sont pas les plus courants : environ 80% sont négatifs. Mais pourquoi faisons-nous des cauchemars ? Antonio Zadra, directeur du Laboratoire de recherche sur les rêves et les cauchemars à l’université de Montréal : « Pour la grande majorité, il n’y a pas une cause identifiable. Cependant, les personnes très réactives au stress ou à l’anxiété en font plus que les autres. Par exemple, les gens font faire des cauchemars avant un mariage, un licenciement, un examen pour les étudiants... De même, les femmes font plus de cauchemars que les hommes probablement parce qu’elles s’en souviennent plus mais surtout parce que la prévalence de l’anxiété et de la dépression est plus élevée chez elles ».

Ces mauvais rêves peuvent être liés aussi à un traumatisme (violences, accidents, guerre...), à une maladie neurodégénérative, à certains médicaments. La prise de psychotropes ou de bêtabloquants est même la cause à rechercher en priorité chez un adulte qui se met à faire subitement des cauchemars alors qu’il n’en faisait pas auparavant.

Cauchemars : seule une minorité de personnes en souffre

Selon les théories, les cauchemars pourraient servir à assimiler certaines expériences récentes ou passées, à refouler des émotions, à stimuler certaines menaces pour apprendre à se défendre... On les fait pendant le sommeil paradoxal qui a lieu tous les 90 mn et souvent dans le dernier tiers de la nuit car c’est là que cette phase est la plus longue.

« Pendant le cauchemar, notre cerveau voit des images comme si elles étaient réelles. Lorsque l’intensité de l’émotion est trop forte, le cerveau n’est plus capable de maintenir le sommeil et on se réveille avec un sentiment de peur, en colère ou en pleurs », explique le spécialiste.

Environ 5 à 8% de personnes sont gênées par leurs cauchemars. Pour Antonio Zadra : « L’important n’est pas la fréquence mais la détresse que les gens vivent. Il y a des personnes qui font des cauchemars une fois par semaine depuis des années et pour lesquelles ça ne pose aucun problème, cela fait partie de leur vie. Et d’autres qui en font une fois tous les trois semaines et qui en souffrent car les images négatives restent gravées dans leur mémoire et les perturbent ».

Publié par Brigitte Bègue, journaliste santé le Mardi 05 Avril 2016 : 18h00
Mis à jour le Mardi 12 Avril 2016 : 18h55
Source : Entretien avec Antonio Zadra,  directeur du Laboratoire de recherche sur les rêves et les cauchemars à l’université de Montréal.
Conférence de presse « Rêves et Mémoire », organisé par l'Observatoire B2V des mémoires, le 24 mars 2016.
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