Bisphénol A : les substituts sont tout aussi dangereux

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 19 Janvier 2015 : 17h01
Mis à jour le Lundi 19 Janvier 2015 : 18h46

Bonne nouvelle, le bisphénol A est interdit dans tous les contenants alimentaires depuis le 1er janvier 2015.

La mauvaise nouvelle est que les substituts de ce perturbateur endocrinien sont tout aussi dangereux que le bisphénol A lui-même. On s’en doutait, mais aujourd’hui des études le prouvent scientifiquement.

© Istock

Le bisphénol A est interdit dans les contenants alimentaires depuis le 1er janvier

Interdire le bisphénol A est une chose, trouver des substituts moins dangereux en est une autre. C’est probablement pourquoi le retrait du bisphénol A a été si lent malgré les avertissements indiquant que cette substance chimique utilisée dans la fabrication des plastiques était un perturbateur endocrinien.

Historiquement, le bisphénol A a été très largement employé pour donner de la souplesse aux plastiques en général. Or on s’est aperçu que cette molécule exerçait des effets nocifs sur le système reproducteur. Seulement voilà, nous ne disposons pas d’autres substances de remplacement ayant prouvé leur innocuité. Malgré tout, le bisphénol A est interdit dans les biberons en 2010, puis dans tous les objets destinés aux bébés, et enfin, depuis le 1er janvier 2015, dans tous les contenants alimentaires (bouteilles, canettes, boîtes de conserve, barquettes…).

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Bisphénol S et bisphénol F : des substituts tout aussi nocifs que le bisphénol A

À défaut de bisphénol A, les industriels se sont tournés vers des substituts mais qui sont finalement tout aussi nocifs, voire plus. Il s’agit notamment du bisphénol S et du bisphénol F. Pour l’heure, une étude vient de montrer chez des embryons de poisson que l’exposition à ces deux substances, même à très très faibles doses, entraîne des altérations du développement cérébral. Ce résultat ne laisse rien présager de bon concernant l’exposition humaine et notamment celle des enfants en bas âge. Pis, une étude française de l’Inserm, menée in vitro sur des cellules de testicules issues de fœtus humains, montre que les expositions aux bisphénols S et F altèrent la production de testostérone, théoriquement à l’origine de troubles de la masculinité et de la fertilité.

Alors à quand les substituts inoffensifs des substituts du bisphénol A ?

Que retenir en pratique ?

  • Les bébés et les femmes enceintes doivent aussi se méfier des bisphénols S et F.
  • Lisez bien les étiquettes à la recherche de ces substances.
  • Ne vous fiez pas à la mention sans bisphénol A (ou sans BPA) car cela ne garantit pas de l’absence de bisphénols S et F.
Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 19 Janvier 2015 : 17h01
Mis à jour le Lundi 19 Janvier 2015 : 18h46
Source : Kinch C.D. et coll., Proceeding of the National Academy of Sciences (PNAS), January 12, 2015, doi: 10.1073/pnas.1417731112, http://www.pnas.org/content/early/2015/01/07/1417731112.abstract. Eladak S. et coll., Fertility and Sterility, January 2015, Volume 103, Issue 1, Pages 11–21, DOI: http://dx.doi.org/10.1016/j.fertnstert.2014.11.005.
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