Attention aux moustiques !

Publié par Sam Cardinal, journaliste santé le Lundi 17 Août 2009 : 02h00
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Les grandes épidémies de fièvre jaune ou l'endémie quasi-mondiale de paludisme, nous rappelle que le moustique peut tuer. S'il est vrai que dans les régions tempérées les risques sont moindres, il ne faut pas pour autant s'imaginer que notre belle France soit totalement protégée du simple fait de sa latitude.

Qu'il agisse comme simple nuisance, ou en tant que vecteur de graves maladies, en particulier sous les tropiques, le moustique a toujours eu une cible privilégiée, l'homme.

La propagation des maladies induites par les moustiques est toujours rapide, et les causes sont recensées de façon sûre. Ainsi, lors de la première guerre mondiale a-t-on vu une épidémie de paludisme, dans la région de Montpellier (Hérault), qui coïncidait avec l'hospitalisation dans cette ville des blessés et malades de l'armée d'Orient. De même, en 1942 et 1943, une nouvelle phase épidémique était constatée en Camargue, elle correspondait avec l'arrivée de l'Afrika Korps de Cyrénaïque et de Tunisie.

Quand ça pique sous les tropiques

Le principe général de transmission des maladies est le suivant : le moustique est un insecte piqueur qui a besoin du sang de sa cible pour assurer sa descendance. En piquant un sujet malade, il peut ainsi absorber un parasite qu'il transmettra à un sujet sain.

Parmi les maladies transmissibles à l'homme :

LE PALUDISME

Il se contracte par la piqûre d'un moustique appelé Anophèles porteur de la maladie. Seules les femelles la transmettent, car elles ont besoin de sang pour la maturation de leurs œufs. Elles-mêmes sont infectées après avoir piqué un homme impaludé. L'organisme responsable est un parasite appelé plasmodium. Le paludisme est une maladie à répartition mondiale qui touche plus d'un demi milliard d'individus ! Depuis un demi-siècle, elle a pratiquement disparu d'Europe. En revanche, elle sévit parmi les populations vivant dans les zones intertropicales d'Afrique, d'Asie et d'Amérique. Le traitement et la prévention ont d'abord été réalisés avec de la quinine, des antipaludiques de synthèse sont utilisés aujourd'hui. Il n'existe pas encore de vaccin.

LA FIEVRE JAUNE

Elle est due à un virus appelé virus de la fièvre jaune ou amaril, transmis par des moustiques du genre Aedes et Haemagogus. Son histoire commence avec les échanges commerciaux entre l'Europe et les rivages intertropicaux d'Afrique et d'Amérique. Elle n'a jamais été observée en Asie et seuls quelques cas isolés ont été constatés dans les ports européens. C'est une affection extrêmement grave pour laquelle il n'existe pas de traitement spécifique. Des vaccins très efficaces ont été mis au point.

LA DENGUE

C'est une maladie virale, généralement bénigne, mais dont la forme hémorragique peut être mortelle. C'est encore un moustique de type Aedes qui la transmet. On la rencontre en Asie du sud-est, dans le pacifique sud, l'océan indien, en Australie et aux Caraïbes.

Il n'existe, ni médicament, ni vaccin contre cette maladie.

LA FILARIOSE DE BANCROFT (ELEPHANTIASIS)

Elle est causée par un vers dont une partie du développement se passe chez des moustiques de type Culex et se poursuit chez l'homme. Elle entraîne des enflures invalidantes et spectaculaires. On la rencontre en Asie, Afrique, dans le Pacifique et en Australie.

LE CHIKUNGUNYA

Encore un responsable de type Aedes qui transmet un arbovirus. Dans sa traduction littérale, ' maladie qui brise les os ' ou ' maladie de l'homme courbé ', elle occasionne des douleurs articulaires suraiguës associées à une raideur. Aucun médicament n'existe. La Nivaquine s'est montrée efficace sur le virus. Le traitement reste donc symptomatique et le contrôle de la douleur et de la fièvre se fait avec du paracétamol.

L'été dernier, nos compatriotes de l'île de la Réunion ont eu à subir le ' chik ', des cas ont été signalés peu après sur les rivages de la Méditerranée.

LE CAS PARTICULIER DU PALUDISME

Le paludisme tue près de deux millions de personnes par an, en majorité des enfants.

De nombreux médicaments existent, la chloroquine, le méfloquine, la quinine, la pyriméthamine ou encore la sulfadoxine sont des anti-paludéens. Au fil des années, sont apparues des résistances à ces médicaments à la suite de mutations génétiques chez le parasite.

Actuellement, les chercheurs ont mis au point une nouvelle génération de médicaments qui agissent rapidement contre les souches de plasmodium falciparum pharmacorésistantes, il s'agit de l'Artémisine et de ses dérivés. Connu aussi sous le nom de Qinghaosu, l'artémisine est tirée d'une plante Artemisia annua, et n'a aucune parenté structurale avec les anti paludéens.

Il semblerait, néanmoins, que ce médicament s'accompagne d'effets secondaires importants qui obligent à une médicamentation de courte durée. Les résultats sont probants, l'Artémisine est utilisée chez plus d'un million d'enfants dans le monde.

Publié par Sam Cardinal, journaliste santé le Lundi 17 Août 2009 : 02h00
Source : Côté santé
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