Vieillir ou conduire : quand faut-il choisir ?

Pour 75% des retraités, conduire est une activité de la vie qui participe au plaisir de vivre. Les chiffres confirment cet état d'esprit puisque 65% d'entre eux possèdent une voiture et 2,5 à 3% des titulaires du permis de conduire A et B ont plus de 75 ans. Cependant, à un moment se pose le choix délicat, soit de continuer à prendre le volant afin de préserver son autonomie et sa qualité de vie, soit d'y renoncer et d'éviter ainsi les risques. Voici quelques éléments de réflexion pour aborder cette question délicate.
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Le vieillissement normal influe forcément sur la conduite

Conduire est une activité complexe mettant en jeu les capacités d'apprentissage, de perception, d'attention visuelle et auditive, de coordination fine des mouvements et d'adaptation du comportement aux évènements imprévus. Toutes ces capacités se modifient avec l'âge, mais de façon variable d'un sujet à un autre. Lorsque les déficiences sont d'apparition progressive et relativement bien compensées, un risque réel peu passer inaperçu. Pourtant, toute baisse de la perception visuelle ou sonore, des amplitudes articulaires, ou encore de l'attention, sont autant de limites à la conduite chez le sujet âgé.Cependant, il n'existe pas de règles et il n'est pas facile d'établir l'inaptitude d'un senior à conduire. Le médecin de famille peut représenter une aide en recherchant le degré de défaillance des trois principaux types de fonction pouvant interférer avec la conduite. Les résultats lui permettront de formuler des arguments objectifs autres que l'âge.

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Les défaillances visuelles

Les performances visuelles, qui diminuent inéluctablement avec l'âge, seront évaluées avec précision. A 70 ans, l'acuité visuelle se situe généralement vers les 7/10ème, puis chute pour n'être plus que de 5/10ème à 85 ans. De plus, le champ visuel se rétrécit, les contrastes sont moins bien perçus, la vision de nuit est moins performante et l'éblouissement est moins bien toléré. L'ensemble de ces paramètres permettront déjà d'orienter le degré d'aptitude de la personne. Se rajoutent parfois à ces phénomènes, de vraies pathologies oculaires, comme la cataracte (extrêmement fréquente), le glaucome ou la dégénérescence maculaire. L'ophtalmologue en fera le bilan et comme certaines de ces affections sont curables, des traitements pourront éventuellement être proposés.

Publié par Dr Stéphanie Lehmann, gérontologue le Lundi 11 Juin 2001 : 02h00