Trop de jeunes femmes subiraient des frottis et touchers vaginaux inutiles

Trop de jeunes femmes subissent un toucher vaginal ou un frottis, selon une étude américaine publiée dans la revue JAMA Internal Medicine.
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Selon les recommandations du Collège Américain des Obstétriciens et Gynécologues, les jeunes femmes de moins de 21 ans n’ont pas besoin de subir un toucher vaginal ou frottis lors de leur visite chez le gynécologue si elles ne présentent pas de symptômes inquiétants. Pourtant la réalité serait tout autre, selon une étude menée par l'université de Californie à San Francisco (États-Unis).

Plus de 1,4 million d’examens pelviens inutiles 

Après avoir étudié les dossiers et questionnaires de 3.410 femmes âgées de 15 à 20 ans ayant participé à l'Enquête nationale sur la croissance des familles entre 2011 et 2017, les chercheurs estiment que 1,4 million des 2,6 millions d’Américaines ayant subi un examen pelvien, n’en avaient pas vraiment besoin. Cela représente plus de la moitié des patientes (54,4%).

Les adolescentes n’échappent pas, non plus, au frottis. 2,2 millions de jeunes femmes de moins de 21 ans ont eu un frottis au cours de l’année passée. L’équipe scientifique estime qu’il n’était pas nécessaire pour 1,6 million d’entre elles. Ainsi, plus de 7 jeunes sur 10 ont subi un dépistage du cancer du col de l'utérus inutile

Pourtant, peu de jeunes femmes venaient voir leur docteur avec un motif pour ces d’examens gynécologiques. Seulement 4,8% d’entre elles étaient enceintes, 4,5% suivaient un traitement contre une infection sexuellement transmissible et 2% portaient un stérilet.

"Les parents d'adolescentes et de jeunes femmes doivent savoir que le dépistage du cancer du col n'est pas recommandé de façon systématique dans ce groupe d'âge. Les examens pelviens ne sont pas nécessaires avant d'obtenir la plupart des contraceptifs et ne sont souvent pas nécessaires pour dépister les infections sexuellement transmissibles", explique le Dr George Sawaya, professeur d'obstétrique, de gynécologie et de sciences de la reproduction à l'université de Californie et co-auteur de la recherche. 


Les médecins ne suivent pas les nouvelles recommandations

La directrice des travaux Jin Qin, épidémiologiste de la Division de la prévention et du contrôle du cancer aux Centers for Disease Control and Prevention, explique "Les recommandations et les directives ont évolué au fil du temps". Elle poursuit "Avant 2012, ils étaient recommandés de commencer le dépistage du cancer du col de l'utérus au début de l'activité sexuelle ou à l'âge de 21 ans. En 2012, les recommandations des principales organisations ont convenu que l'âge (devrait) être de 21 ans, quels que soient les comportements sexuels et les facteurs de risques. Les principales organisations professionnelles ont émis ou mis à jour leurs recommandations concernant l'examen pelvien en 2014. Elles déconseillent ainsi d’effectuer un examen pelvien chez les femmes qui ne sont pas enceintes ou qui ne présentent aucun symptôme. "

Cependant, elle ajoute "de nombreux professionnels de la santé croient encore que l'examen pelvien est un outil utile pour dépister les cancers gynécologiques, contrairement aux recommandations des lignes directrices".

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