Roubaix : un hôpital condamné pour avoir ignoré un AVC

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Trois cent mille euros de dommages et intérêts pour un homme victime d'un AVC dont la prise en charge a trop tardé. L'hôpital Provo de Roubaix et le SDIS du Nord sont tous les deux condamnés pour cette affaire.

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L'issue de cette affaire aurait pu être totalement différente. Christophe Blard est aujourd'hui tétraplégique à cause d'un accident vasculaire cérébral. Mais la prise en charge trop tardive de cet homme a scellé son destin.

L'affaire remonte à 2012, mais c'est seulement aujourd'hui qu'elle prend fin. Une procédure de six ans qui condamne aujourd'hui le SDIS (Service départemental d'incendie et de secours) et le centre hospitalier de Roubaix. Jugés responsables de ces complications, ils devront verser la somme de 315 287 euros à la victime, a tranché le tribunal administratif de Lille (Nord) .

Les 3h30 qu'il a fallu que le patient soit pris en charge ont privé la victime de "30 % de chance de subir une évolution neurologique moins défavorable et de conserver des séquelles moins lourdes de l'accident vasculaire cérébral dont il a été victime", explique Blandine Lejeune, l'avocate de la victime à BFM TV. Autrement dit, l'homme de 40 ans aurait pu échapper à la tétraplégie.

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Ce sont les parents de Christophe Blard qui ont lancé la procédure judiciaire pour essayer de comprendre s'il y avait eu négligence.

Une heure d'attente à l'hôpital

Le 17 août 2012, Christophe Blard, 38 ans, ne se sent pas bien peu avant 20 heures dans les rues de Lille. Il appelle les pompiers, leur expliquant avoir un sentiment d'ivresse alors qu'il n'a pas bu ainsi que des difficultés d'élocution.

Ce jour-là ayant été une journée chaude, l'opérateur pense à un coup de chaud et sans transférer l'appel au médecin régulateur, il conseille à l'homme de boire un verre d'eau et de rentrer chez lui. Surtout, il lui conseille de ne pas se rendre aux urgences, souligne son avocate.

Pendant qu'il essaie de regagner son domicile, il s'effondre en pleine rue. C'est une passante qui le retrouve deux heures plus tard étendu au sol. Elle prévient immédiatement les secours et il est transféré à l'hôpital Provo à Roubaix.

Arrivé à 22h15 à l'hôpital, il ne passe pas d'IRM tout de suite. De plus, le neurologue n'est même pas appelé alors que tout laisse à penser qu'il fait un AVC. Il faudra attendre une heure pour qu'il passe finalement une IRM qui révèle un AVC massif (une atteinte au tronc cérébral).

Devenu complètement tétraplégique à la suite de cet AVC, Christophe souffre du "locked-in syndrome" ce qui veut dire qu'il voit tout, entend tout mais est totalement paralysé. Il ne peut communiquer qu'à l'aide de battement de paupières.

Moins de lésions si c'est pris tôt

Un accident vasculaire cérébral peut survenir à tout âge. Il se produit lorsque la circulation sanguine vers ou dans le cerveau est interrompue soit par un vaisseau sanguin bouché soit par l'éclatement d'un vaisseau sanguin.

Cette interruption de la circulation prive des cellules du cerveau d'oxygène et de nutriments essentiels à leur fonctionnement. Certaines sont endommagées et d'autres meurent, avec des conséquences dramatiques : lésions, séquelles, handicaps...

Mais les conséquences d'un AVC dépendent pour une large part de la précocité de l'intervention. Autrement dit, plus on agit tôt pour rétablir l'irrigation cérébrale, moins les lésions seront conséquentes.

Il existe par ailleurs des signes pouvant alerter :

  • Faiblesse ou paralysie soudaine d'un membre ou d'un seul côté de l'organisme ;
  • Diminution brutale ou perte de la vue notamment d'un seul oeil ;
  • Confusion, troubles du langage et de la compréhension ;
  • Perte d'équilibre et de coordination avec chutes ;
  • Maux de tête sévères soudains sans cause évidente ;
  • Anomalies ou perte de la sensibilité au niveau d'un bras, d'une jambe ou d'un seul côté de l'organisme.

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