Prostatite aigüe et prostatite chronique : quels symptômes ?

Publié le 28 Avril 2004 à 2h00 par Dr Philippe Presles
La prostatite chronique fait souvent suite à des prostatites aiguës qui n'ont jamais complètement guéri. Malheureusement, les symptômes étant peu spécifiques, le diagnostic est délicat. Ce qu'il faut savoir.
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Il existe deux types de prostatite : la prostatite aiguë et la prostatite chronique

La prostatite aiguë

Elle est généralement due à une infection bactérienne, dont les premiers signes correspondent à des troubles urinaires.

La prostatite chronique

Elle est due à une inflammation importante de la prostate, résultant le plus souvent d'une prostatite aiguë insuffisamment soignée et récidivante.

Les symptômes sont divers :

Douleurs inguinales, périnéales, testiculaires ou scrotales, troubles urinaires irritatifs ou obstructifs, impuissance ou douleur lors de l'éjaculation.

En revanche, et à l'inverse de la prostatite aiguë, pas de fièvre ni d'altération de l'état de santé général.

Diagnostic de la prostatite difficile

Face à des signes si peu spécifiques de la maladie, le diagnostic est souvent difficile. Il est également nécessaire de rechercher des épisodes dépressifs ou anxieux, lesquels peuvent être à la fois la cause et la conséquence de la pathologie. En effet, un évènement déclenchant comme un stress ponctuel est très souvent retrouvé chez ces patients.

Idée reçue

Il faut également oublier l'idée reçue selon laquelle les problèmes de prostate ne concernent que les personnes âgées, car les prostatites se manifestent à tout âge, et plus fréquemment chez les hommes de 30 à 40 ans.

Le bilan et les traitements de la prostatite

  • Rechercher un évènement marquant familial ou professionnel.
  • Le touché rectal est essentiel.
  • Un examen bactériologique, l'ECBU, est également réalisé, même si cette affection n'est pas due à une infection bactérienne dans 90% des cas.
  • Des explorations complémentaires à l'aide de l'imagerie ne seront envisagées qu'en cas d'échec du traitement.

Le traitement de la prostatite

Celui-ci passe par la prescription d'antibiotiques (que la prostatite soit bactérienne ou non) et d'anti-inflammatoires. L'efficacité de cette prise en charge de première intention est vérifiée au bout de deux semaines, et poursuivie le cas échéant durant six semaines. Une autre catégorie pharmacologique peut être introduite à cette première association, les alpha-bloquants.

Compléments aux traitements

Certains peuvent améliorer la qualité de vie des patients : phytothérapie, myorelaxants, hormonothérapie, techniques de massage prostatique, hyperthermie.

Et enfin, certaines règles hygiéno-diététiques doivent être respectées : éviter l'alcool, la caféine et les épices, ces substances ayant un effet irritant sur cette glande qu'est la prostate.

Un soutien psychologique est systématiquement proposé, car cette maladie chronique est longue et difficile à traiter, avec un taux de rechutes important à l'arrêt du traitement.

A savoir encore sur la prostatite

  • Le dosage du PSA peut inutilement alarmer le patient, car en cas d'inflammation de la prostate, cette hormone est naturellement augmentée, sans pour autant suggérer la présence d'un cancer prostatique.

  • Tout traitement chirurgical est déconseillé durant une poussée inflammatoire de la maladie.

  • Rechercher un adénome de la prostate est important, car il constitue un terrain favorisant la prostatite.
Source : Le Quotidien du Médecin, 9 avril 2004.