Préservez votre souffle !

Publié par Dr Brigitte Blond le Lundi 18 Novembre 2013 : 11h37
Mis à jour le Lundi 18 Novembre 2013 : 12h58

Le souffle, c’est la vie.

On le mesure par la quantité d’air expiré et celle-ci peut s’amenuiser à bas bruit, jusqu’à ce que les difficultés respiratoires limitent les mouvements.

© Istock
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Dépistage et prise en charge des maladies respiratoires

Au moins 4 millions d’asthmatiques en France, près de 3,5 millions de personnes souffrant d’une bronchopneumopathie obstructive (BPCO)… Le poids de ces maladies respiratoires chroniques, qui ne guériront pas, est très lourd sur le plan collectif certes, mais de façon plus immédiatement perceptible, sur le plan individuel.

Quand le dépistage est précoce et la prise en charge alors optimisée, ces maladies altèrent moins la qualité de la vie.

C’est dire l’intérêt de repérer un asthme ou une BPCO… parfois avant même de prendre conscience que l’on est malade, ou de mettre un nom sur ses symptômes (ce qui est le cas respectivement une fois sur deux et deux fois sur trois !).

Empêché par le manque de souffle, on se bouge moins, on grossit davantage et le surpoids ainsi acquis entraîne son lot de complications, cardiovasculaires en tête. C’est le cœur qui ensuite coupe le souffle. Stop !

Pour repérer les premières atteintes de ce débit d’air expiré, les signes sont souvent peu perceptibles.

La dyspnée(difficulté respiratoire) à l’exercice est l’un d’entre eux, et le plus important, mais comme l’on réduit insensiblement ses activités en fonction de son souffle, on peut mettre un certain temps avant que cette amputation du souffle soit enfin découverte.

  • Un outil, le débitmètre de pointe, que l’on appelle aussi peak flow, permet de mesurer plus objectivement, au cabinet du médecin ou bien chez soi (on le trouve chez son pharmacien), ce débit d’air à l’expiration : on y souffle dans un embout comme dans une trompette. Ce débitmètre est destiné aux patients asthmatiques qui eux savent, habituellement depuis l’enfance, que la force de leur souffle peut être freinée par des bronches qui se resserrent, et plus encore lors des exacerbations de leur asthme.
  • Plus informatif encore, le débitmètre pour les insuffisants respiratoires qui s’ignorent en raison d’une BPCO. Un indice de taille toutefois, le tabagisme, qui est à l’origine de la maladie dans au moins 80 % des cas !
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Maladies qui coupent le souffle

Asthme, surveillance

Un asthme naît, se développe et s’aggrave de la rencontre d’une prédisposition génétique (héritable donc) et d’un environnement favorisant : acariens, moisissures ou salive des animaux de compagnie, potentiellement irritants pour les voies respiratoires. À l’extérieur de la maison, les pollens (de graminées, de bouleau, etc.), la fumée de tabac, la pollution atmosphérique, les produits chimiques (colles, vernis, etc.). À la clé, des bronches, et surtout les plus petites, au cœur des poumons qui, parce que trop sensibles s’enflamment, se constrictent, limitant le passage de l’air et son oxygénation.

L’enjeu est de contrôler la maladie, en repérant ses facteurs d’aggravation pour les éviter ou les neutraliser, et en surveillant ses symptômes. Pour juger de ce bon contrôle, et par conséquent adapter les traitements, on se base sur la gêne au travail ou à l’école, l’essoufflement, les symptômes respiratoires la nuit ou tôt le matin, le recours aux médicaments de secours (bronchodilatateurs).

BPCO, perte du souffle

La dyspnée se construit peu à peu et l’on consulte et c’est souvent quand le souffle est diminué de moitié que l’on consulte, pour une BPCO déjà sévère, parce que l’on a ajusté ses activités physiques à sa fonction respiratoire, d’autant plus facilement que l’on avance en âge, limité par ses articulations, son poids, etc. Le surpoids est effectivement un révélateur de dyspnée, l’effort demandé étant naturellement plus grand.

Le traitement du handicap et de sa source, la dyspnée, en plus bien sûr de l’arrêt du tabac, consiste en l’administration de bronchodilatateurs, associés aux corticoïdes dans des cas très particuliers, quand l’altération de la fonction respiratoire est importante et les exacerbations répétées en dépit des médicaments, et en une réhabilitation respiratoire (au plus simple, des conseils d’activité physique).

Syndrome d’apnées du sommeil

Comme son nom l’indique, il est caractérisé par des apnées, des ronflements bruyants irréguliers la nuit, un sommeil perçu comme peu récupérateur… Ainsi qu’une fatigue excessive la journée, surtout chez des personnes en surpoids de la cinquantaine, souvent hypertendues (résistantes aux antihypertenseurs), voire diabétiques.

Une minorité seulement de ces apnéiques est dépistée et le traitement, indiqué au-delà d’un certain nombre d’apnées par heure, consiste en une PPC (pression positive continue), administrée par masque nasal. Associé à des modifications de l’hygiène de vie, ce procédé est parfaitement efficace.

Pour avoir des renseignements sur la réhabilitation respiratoire, cliquez sur http://www.bpco.org/Ou-suivre-un-programme-de-Rehabilitation-Respiratoire

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Publié par Dr Brigitte Blond le Lundi 18 Novembre 2013 : 11h37
Mis à jour le Lundi 18 Novembre 2013 : 12h58
Source : Préservez votre souffle, article du magazine Bien-Etre & Santé n°305 d'octobre 2013
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