Phlébite : controverse autour du " syndrome de la classe économique "

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 30 Octobre 2000 : 01h00
Mis à jour le Lundi 20 Juin 2016 : 14h49

Depuis 1998, le terme de « syndrome de la classe économique » désigne l'association entre voyages aériens de longues durées et augmentation du nombre de cas de phlébite d'un membre inférieur. Or ce risque, pourrait avoir été surestimé comme le laisse entendre une nouvelle étude néerlandaise.

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La fragilité des veines

Les veines des jambes sont des vaisseaux fragiles, principalement touchés par des affections liées à une mauvaise circulation du sang. Les phlébites sont dues à une formation de caillots sanguins, qui empêche le sang de circuler normalement, provocant une pression excessive dans le vaisseau. Elle entraîne des douleurs, une sensation de chaleur et parfois une accélération du rythme cardiaque et de la fièvre. En cas de phlébite profonde, le caillot peut se fragmenter et les morceaux se déplacer vers les poumons, induisant une embolie pulmonaire avec défaillance respiratoire. Sont en causes des anomalies de la coagulation du sang ou du processus de dissolution des caillots (fibrinolyse), certaines affections (cancers, leucémies, maladies du cœur) ou beaucoup plus simplement, l'immobilité prolongée et la compression d'une veine survenant par exemple, lors d'une convalescence, du port d'un plâtre, ou encore : lors d'un long voyage en avion, et particulièrement en classe économique.

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Le syndrome thrombotique des long-courriers : vrai ou faux ?

Initiée depuis 1997, une équipe néerlandaise a mis en place une étude sur 788 patients consultant pour phlébite. Parmi eux, seuls 186 présentaient effectivement une thrombose veineuse profonde. Interrogés sur les voyages de plus de trois heures qu'ils auraient effectué (avion, bus, train, bateau), ils ne sont que 4% versus 7% des témoins a avoir effectivement entrepris un tel trajet dans les semaines précédentes. Les auteurs concluent qu'il n'existe pas de risque de thrombose veineuse chez les voyageurs même lors d'un vol de plus de cinq heures.

Il semblerait donc que l'association entre déplacement aérien de longue durée et risque de phlébite ait été largement surestimée. Toutefois, la prévention est indispensable et repose sur le respect de mesures simples ; il faut faire jouer ses muscles aussi souvent que possible, même lorsque l'on est assis, le port de bas de contention est recommandé et dès que nécessaire, un traitement anticoagulant préventif peut être utile.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 30 Octobre 2000 : 01h00
Mis à jour le Lundi 20 Juin 2016 : 14h49
Source : Lancet, Vol. 356, N°9240, 28 octobre 2000.
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