Mois sans tabac : les effets alarmants du tabagisme sur la santé des femmes

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A l’heure du Mois sans tabac, Santé Publique France dévoile les chiffres inquiétants des maladies et de la mortalité dues au tabac chez les femmes. Cancer, tabagisme pendant la grossesse, BPCO et infarctus du myocarde : on fait le point.

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En 2017, 24% des femmes de 15 à 75 ans fumaient quotidiennement, contre 30% des hommes. Si le tabagisme masculin diminue, le tabagisme féminin, lui, augmente depuis les années 1970. Et les conséquences de cette tendance sur la santé des femmes sont bien réelles, comme le note le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) du 30 octobre 2018 publié par Santé Publique France à l’occasion du Mois Sans Tabac qui se tiendra tout au long du mois de novembre.

Cancer du poumon, BPCO et infarctus en hausse

Le nombre de cancers du poumon, de bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO) et d’infarctus du myocarde, trois pathologies liées à la consommation de tabac, sont en effet en augmentation chez les femmes, tout comme le nombre de décès attribuables au tabagisme.

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Plus précisément :

  • L’incidence (le nombre de nouveaux cas sur une période donnée) du cancer du poumon a augmenté de 72% chez les femmes entre 2002 et 2012 alors qu’elle est restée stable chez les hommes. La mortalité par cancer du poumon a augmenté de 71% chez les femmes et diminué de 15% chez les hommes.
  • L’incidence des patients hospitalisés pour une BPCO a augmenté de 50% chez les femmes entre 2012 et 2015 contre 30% chez les hommes. La mortalité due à une BPCO a augmenté de 3% chez les femmes et diminué de 21% chez les hommes.
  • L’incidence de l’infarctus du myocarde avant 65 ans a augmenté de 50% entre 2002 et 2015 chez les femmes et de 16% chez les hommes.
  • Au total, le nombre de décès attribuables au tabagisme a été multiplié par deux entre 2000 et 2014 chez les femmes.

Selon Santé Publique France, les femmes les plus touchées par les maladies liées au tabagisme et les décès dus à cette dépendance sont les femmes de plus de 45 ans. Et "le niveau élevé de prévalence du tabagisme chez les femmes laisse présager un accroissement du fardeau lié à ces pathologies pendant encore plusieurs années", redoute Santé Publique France. L’organisme craint même que le cancer du poumon devienne "devenir la première cause de mortalité par cancer chez la femme devant le cancer du sein" et ce "dans un avenir proche".

16% des fumeuses n’arrêtent pas la cigarette pendant la grossesse

Et le problème du tabagisme féminin inclut inévitablement celui du tabagisme pendant la grossesse. La deuxième étude présentée par le BEH et menée par des chercheurs de Santé Publique France et de l’Équipe de recherche en Épidémiologie obstétricale, périnatale et pédiatrique (EPOPé) de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) s’est intéressée à cette question. Les scientifiques se sont appuyés sur un échantillon de 12 399 femmes majeures ayant accouché d’un enfant vivant et ont comparé les caractéristiques liées à un arrêt ou à une réduction du tabagisme pendant la grossesse.

Ils ont ainsi pu estimer qu’en 2016, 30% des femmes fumaient avant la grossesse et que 90,7% des femmes fumeuses déclaraient avoir modifié leur consommation de tabac au cours de leur grossesse : soit elles ne fumaient plus (45,8%), soit elles avaient réduit leur consommation (44,9%). Les 9,3% restants n’avaient opéré aucun changement.

Au total, au troisième trimestre, 16,2% des femmes enceintes continuent de fumer, "ce qui reste un des taux les plus élevés d’Europe" déplore les scientifiques. Et, malheureusement, 82% des femmes qui arrêtent de fumer pendant la grossesse reprennent la cigarette après l’accouchement. "Cette occasion manquée d’arrêt définitif souligne l’importance de soutenir les femmes même après la grossesse, en post-partum dans leur intérêt et celui de l’enfant, qui sera alors d’autant moins exposé au tabagisme passif" observe enfin Santé Publique France.

Publié par Laurène Levy, journaliste santé le Mercredi 31 Octobre 2018 : 13h13
Source : Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire n°35-36, 30 octobre 2018, Santé Publique France
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