Tabagisme : sauvons les jeunes femmes !

La récente journée de mobilisation contre le tabac (31 mai) aura eu le mérite de donner la parole à tous ceux qui luttent contre ce fléau et de faire réfléchir sur les chiffres de l'épidémie.
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Car il s'agit bien d'une véritable épidémie qui touche toute la planète, à commencer par les pays en voie de développement: aujourd'hui, le tabagisme tue 4 millions de personnes par an; elles seront 10 millions d'ici 2005. C'est la raison pour laquelle l'OMS (Organisation Mondiale pour la Santé) a lancé, lors de la 52ème assemblée mondiale de la Santé, une convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT). L'objectif est de promulguer le "premier traité mondial de lutte contre le tabac" d'ici 2003.

Les femmes fument de plus en plus

En France les chiffres sont tout aussi alarmants et Dominique Gillot, secrétaire d'Etat à la Santé, a annoncé lors de sa conférence de presse du 30 mai que le tabac reste la première cause de mortalité évitable avec 60.000 décès chaque année (1 décès sur 9). Surtout c'est la projection des chiffres qui fait peur car en 2005, ce seront 165.000 décès par an qui seront à déplorer avec une augmentation de 100% chez les hommes et de 1000% chez les femmes. Le problème majeur est bien là: alors que la tendance générale est à la diminution de la consommation du tabac en France, les femmes fument de plus en plus (elles étaient 15% en 1981, 25% en 1995 et 31% aujourd'hui, se rapprochant des 42% de fumeurs rencontrés chez les hommes).

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L'envie de s'arrêter est largement répandue

Heureusement, de plus en plus de fumeurs ont envie d'arrêter, soit 58% des personnes interrogées selon une étude menée par le CFES (Comité Français d'Education pour la santé).Cela justifie que les moyens de lutte contre ce fléau soient augmentés, ce qu'annonce Jean-Marie Spaeth, président de la CNAMTS (Caisse Nationale d'Assurance Maladie des Travailleurs Salariés): 130 millions de Francs seront affectés au budget de la prévention.

Cette envie d'arrêter de fumer se retrouve dans les chiffres de vente des substituts nicotiniques qui sont passés de 42.000 en décembre à 143.000 en février. Reste que les méthodes envisagées sont très variables, seuls 28,4% de ceux qui ont l'intention d'arrêter de fumer désirant le faire avec l'aide d'un médecin. Les autres veulent donc se débrouiller seul en ne comptant que sur leur volonté pour un arrêt radical (50,8%). Viennent ensuite le patch (19,5%), l'acupuncture ou l'auriculothépapie (8,5%), la gomme à mâcher (5,6%) et le soutien psychothérapique (3,5%).

Publié le 13 Juin 2000
Auteur(s) : Dr Philippe Presles
Source : Conférence de presse du Secrétariat d'Etat à la Santé du 30 mai 2000 www.
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tabac-info.net Tabac Info Service : 0.800.309.310 OMS : 52ème Assemblée mondiale de la Santé Conférence de consensus organisée par l'ANAES les 8 et 9 Octobre 1998 Le Concours Médical - 03.06.2000 - 122-22