Méditation Pleine Conscience, le bonheur est dans le présent

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La méditation Pleine Conscience n’est pas une pratique de relaxation ou une méthode antistress. C’est une technique qui apprend à être dans le réel de l’instant, un antidote à la "pollution attentionnelle" croissante à laquelle nous sommes soumis. C’est aussi un moyen de prendre soin de soi, de mieux gérer la douleur, l’anxiété et la dépression. Méditer c’est, d’une certaine manière, se soigner.

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La Pleine Conscience, une méditation laïque

La Pleine Conscience, aussi connue sous le nom de "Mindfulness", est la technique de méditation qui monte. La méditation Pleine Conscience est un univers très vaste souvent teinté de spiritualité et de religion. Ce qui caractérise la Pleine Conscience, c’est son approche laïque, codifiée et validée par des études scientifiques. C’est en quelques sortes le "noyau central" de toutes les techniques de méditation. Il s’agit de s’entraîner à poser son esprit dans l’instant présent (le corps, le bruit…) et non dans le virtuel de ses pensées, d’arrêter un instant sa course pour prendre conscience de ce qui se passe en soi et hors de soi, ne pas être dans l’anticipation (projets, difficultés) ni dans la rumination (échecs etc.), que celle-ci soit dirigée vers le futur ou le passé. La méditation Pleine Conscience » a été codifiée il y a près de 30 ans par le biologique américain Jon Kabat-Zinn, version laïque d’une approche religieuse : la méditation boud­dhiste.

Pr Christophe André, psychiatre à Sainte Anne (Paris) et l’un de ceux qui ont introduit la Pleine Conscience en France : « La méditation Pleine Conscience est une clé du bien-être et du bonheur. Souvent, nous nous infligeons nous-même une part importante de nos souffrances, nous majorons nos difficultés, plongés dans le virtuel de nos inquiétudes et nos planifications. Revenir dans le présent nous confronte aux seules difficultés et non pas à nos interprétations de ces difficultés, mais aussi nous fait prendre conscience des belles choses de notre vie. Le nom exact est Mindfulness-Based Stress Reduction (MBSR) (“Réduction du stress par la pleine conscience”).

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Pour les bouddhistes, cette pratique n’était qu’un préambule. Pour son fondateur, Jon Kabat-Zinn, elle était assez puissante pour devenir une fin en soi. En psychiatrie, nous utilisons plus souvent les protocoles MBCT : Mindfulness-Based Cognitive Therapy, sur la base de la MBSR (à 80%) à laquelle nous ajoutons des éléments de thérapie cognitive (apprendre à bien repérer ses pensées, notamment les pensées anxieuses ou dépressives, et les cycles de rumination qu’elles tendent à provoquer) ».

3 principes pour une philosophie de vie

Les règles d’une bonne santé sont connues : alimentation équilibrée, activité physique… et… la Mindfulness ! La méditation Pleine Conscience n’est pas forcément une thérapie mais plutôt une modalité d’hygiène de vie, au même titre que pratiquer régulièrement de l’exercice physique, c’est à dire un moyen de prendre soin de soi. En psychologie et dans le développement personnel, la Pleine Conscience permet de limiter la dispersion mentale, pour une stabilité attentionnelle plus forte dans un monde très pollué par la distraction et la réflexion. Nous sommes carencés en moments de calme, de lenteur, de continuité.

Les trois principes de la méditation Pleine Conscience sont :

  • Ouvrir au maximum notre champ attentionnel (être attentif aux expériences personnelles de l’instant, sensations corporelles, réflexions, observations etc.).
  • Ne pas chercher à contrôler cette expérience de l’instant présent.
  • L’observation et le ressenti ne doivent pas être analysés ou orientés (conscience « non élaborative »), mais pris comme tels.
Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mercredi 02 Mars 2016 : 14h40
Mis à jour le Lundi 07 Mars 2016 : 12h07
Source : D’après un entretien avec le Pr Christophe André. Unité de Psychothérapie Comportementale et Cognitive (Hôpital Sainte Anne, Paris).
Son ouvrage « Méditer jour après jour » est le manuel de méditation le plus vendu en France et dans de nombreux pays étrangers.
(1) Willem Kuyken et al. The Lancet Vol 386   July 4, 201 ; (2) Pots w et al. PLOS ONE, october 2014, Vol9, issue 10 ; (3) Emotion 2010 Vol 10, n°1 : 43-53 ; (4) The Journal of Neuroscience, September 7, 2011 • 31(36):12705–12707
** « Méditer pour ne plus déprimer », « Méditer pour ne plus stresser », deux ouvrages Editions Odile Jacob
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