Mâcher du chewing-gum fait-il maigrir ? Calories, coupe-faim, dangers : ce que dit la science

Publié par Freya Yophy
le 24/02/2026
femme avec un chewing gum
Istock
Mâcher une gomme pour stabiliser son poids : astuce miracle ou simple illusion ? Si la mastication brûle quelques calories et occupe l'esprit, elle peut aussi perturber votre digestion et influencer vos choix alimentaires. Découvrez les chiffres réels et l'avis des experts pour intégrer le chewing-gum intelligemment à votre routine bien-être.

Avec une consommation qui atteignait 490 grammes par an et par habitant en 2013, la France figurait alors parmi les plus gros consommateurs mondiaux de chewing-gum. Mais ces chiffres ne correspondent plus à la réalité. Selon les données de marché 2023-2024, le secteur s’est effondré : on est passé de plus de 20 millions de kilos vendus en 2013 à environ 2,7 millions en 2023. 

En 2026, la consommation réelle est estimée à moins de 40 grammes par habitant et par an, soit près de dix fois moins que le chiffre longtemps cité.

Cette habitude culturelle, souvent perçue comme un geste anodin ou un réflexe anti-stress, soulève pourtant toujours des interrogations sur son impact physiologique. 

Au-delà de l’haleine fraîche, beaucoup y voient un allié inattendu pour affiner leur silhouette sans effort. Mais derrière la promesse d’une mâchoire active se cache une réalité biologique plus nuancée.

Calories brûlées et dépense énergétique : un impact marginal

L’idée selon laquelle mâcher ferait maigrir repose en partie sur une étude de la Mayo Clinic publiée en 1999 dans le New England Journal of Medicine. Elle indiquait qu’une mastication continue pouvait augmenter la dépense énergétique d’environ 11 kcal par heure, soit une hausse proche de 19 % du métabolisme basal au repos.

Ces chiffres restent techniquement valides, mais il est important de souligner que cette étude date de 27 ans. Des méta-analyses plus récentes (2015–2020) sur la mastication et la satiété confirment que l’effet énergétique existe, mais qu’il est faible et cliniquement insignifiant dans une stratégie de perte de poids.

En pratique, 15 minutes de mastication représentent environ 2 kcal dépensées. Même avec une gomme plus ferme augmentant légèrement l’effort musculaire, l’impact sur la masse grasse est nul sans déficit calorique global.

Conclusion : le chewing-gum n’est pas un outil minceur.

Effet coupe-faim : mécanisme réel, efficacité limitée

La mastication stimule la salivation et envoie des signaux de satiété à l’hypothalamus. Cela peut temporairement calmer une envie impulsive.

Cependant, l’estomac sécrète des sucs gastriques en anticipation d’un repas. À vide, cette stimulation peut accentuer la sensation de faim ultérieure. Certaines études ont également montré que le menthol peut modifier la perception gustative et influencer les choix alimentaires, orientant parfois vers des produits plus gras ou sucrés.

Les revues scientifiques récentes indiquent que l’effet coupe-faim est court, modéré et très variable selon les individus.

Digestion et polyols : remettre les chiffres en perspective

Les chewing-gums sans sucre contiennent des polyols comme le sorbitol, le xylitol ou le mannitol.

Le seuil reconnu pour provoquer un effet laxatif avec le sorbitol est d’environ 20 grammes par jour, confirmé par les données reprises par l’EFSA. Or, un chewing-gum standard contient environ 1,25 g de sorbitol. Il faudrait donc consommer plus de 15 dragées par jour pour atteindre ce seuil laxatif, et non 10 comme parfois avancé.

Il est important de distinguer deux risques différents :

  • l’effet laxatif, lié à la quantité totale de sorbitol (≈ 20 g/jour) ;
  • la fatigue de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM), liée à une mastication excessive, généralement au-delà d’une dizaine de gommes par jour chez les personnes sensibles.

Ces deux phénomènes ne doivent pas être amalgamés.

L’aérophagie, l’avalement d’air pendant la mastication,  reste un effet possible, expliquant ballonnements et inconfort digestif chez certains consommateurs.

Concernant les additifs, une précision s’impose : le dioxyde de titane (E171) n’est pas « surveillé de près ». Il est formellement interdit dans l’alimentation au sein de l’Union européenne depuis l’entrée en vigueur du règlement (UE) 2022/63 en 2022. 

En 2026, aucun chewing-gum commercialisé légalement en France ne doit en contenir. Toute présence constituerait une non-conformité réglementaire.

Mastication et santé bucco-dentaire : le seul bénéfice avéré

L’intérêt principal du chewing-gum reste d’ordre dentaire.

L’Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire recommande de mâcher une gomme sans sucre pendant environ 20 minutes après un repas, lorsque le brossage est impossible.

La mastication stimule la salive, ce qui neutralise l’acidité buccale, limite la déminéralisation de l’émail et contribue à la prévention des caries.

C’est dans ce cadre précis que le chewing-gum trouve sa véritable légitimité sanitaire.

 
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