Métabolisme et immunité : comment vos mitochondries organisent la défense cellulaire

Publié par Stéphane Leduc
le 17/02/2026
schema d'une cellule humaine avec description de la mitochondrie
New Planet Media
Longtemps considérées comme secondaires dans la progression tumorale, les mitochondries retrouvent leur rôle central en oncologie. Découvrez pourquoi la santé mitochondriale est désormais au cœur des stratégies de prévention et comment des approches ciblées, allant de la nutrition à l'ubiquinol, peuvent renforcer votre défense cellulaire.

Les mitochondries : bien plus qu’une usine à énergie

La plupart d’entre nous avons appris au lycée que les mitochondries produisent de l’énergie sous forme d’ATP. Mais leur rôle va bien au-delà.
Jean-Xtophe Ordonneau rappelle quelques faits fascinants :

  • Une cellule « normale » contient environ 1 000 mitochondries ; une cellule cardiaque en contient jusqu’à 5 000, un neurone jusqu’à 15 000.
  • Elles possèdent leur propre ADN (ADN mitochondrial), héritage d’une ancienne bactérie symbiotique.
  • Elles ne se contentent pas de fabriquer de l’ATP : elles régulent le cycle de vie cellulaire, déclenchent l’apoptose (mort cellulaire programmée) quand une cellule devient anormale, et communiquent entre elles.

Lorsque les mitochondries fonctionnent mal, la cellule perd cette capacité de « frein » naturel. Elle peut alors se comporter de manière incontrôlée, un peu comme une cellule redevenue « sauvage ».

L’approche métabolique du cancer : une piste ancienne remise en lumière

Dès les années 1920, le Prix Nobel Otto Warburg avait observé que les cellules cancéreuses produisent beaucoup d’énergie par fermentation (voie anaérobie) même en présence d’oxygène – un phénomène appelé « effet Warburg ».

Longtemps éclipsée par le paradigme génétique dominant (années 1970-2000), cette observation est aujourd’hui réétudiée par des chercheurs comme Thomas Seyfried (Boston College). Selon lui :

  • Aucune cellule cancéreuse viable n’a été observée avec des mitochondries parfaitement fonctionnelles.
  • Le dysfonctionnement mitochondrial précéderait souvent les mutations génétiques, et non l’inverse.

Cette vision métabolique ne nie pas l’importance des mutations génétiques, mais les repositionne comme une conséquence plutôt qu’une cause première.

Important : cette approche reste controversée au sein de la communauté scientifique. Elle n’est pas encore intégrée dans les recommandations officielles des autorités de santé (HAS, INCa, OMS). Elle fait l’objet de débats actifs et de recherches en cours.

Que faire au quotidien pour « prendre soin » de ses mitochondries ?

Jean-Xtophe Ordonneau propose plusieurs pistes concrètes, issues de son parcours personnel et de ses lectures :

  • Réduire drastiquement les sucres rapides et les glucides raffinés → ils génèrent beaucoup de « déchets » oxydatifs dans la mitochondrie.
  • Privilégier les lipides de qualité (graisses saturées et monoinsaturées issues d’aliments animaux ou d’huiles stables) → elles constituent un carburant plus « propre » pour la mitochondrie.
  • Éviter autant que possible les perturbateurs mitochondriaux connus : certains antibiotiques, le glyphosate (herbicide largement utilisé).
  • Exposition raisonnée au froid, jeûne intermittent, exercice intense → ces stress hormétiques stimulent la biogenèse mitochondriale (création de nouvelles mitochondries saines).

Son choix personnel : un régime carnivore strict (zéro plante) et cétogène depuis plus de 7 ans, qu’il défend comme une optimisation mitochondriale maximale. Ce choix reste très personnel et n’est pas recommandé sans suivi médical, surtout en cas de pathologie existante.

À retenir

  • Les mitochondries sont au cœur de notre production d’énergie et de la régulation cellulaire.
  • Leur bon fonctionnement pourrait jouer un rôle protecteur contre certaines maladies dégénératives et métaboliques.
  • L’approche métabolique du cancer est une piste scientifique sérieuse, mais encore minoritaire et non consensuelle.
  • Toute modification importante d’alimentation doit être discutée avec un professionnel de santé qualifié.

Pour aller plus loin, visionnez l’intégralité de l’entretien ci-dessus ou découvrez la formation JXO Academy créée par Jean-Xtophe Ordonneau

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