Mal de gorge et automédication : le réflexe anti-inflammatoire à éviter absolument

Publié par Stéphane Leduc
le 16/02/2026
photo réaliste et chaleureuse. Une jeune femme se regarde dans la glace de la salle de bains. Elle a
New Planet Media
L'ibuprofène ou le kétoprofène sont souvent le premier réflexe contre la douleur d'une angine ou d'une otite. Pourtant, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) alerte sur le risque de complications graves. Découvrez pourquoi privilégier le paracétamol en cas de maux ORL et quand une simple douleur signale une urgence à ne pas masquer.

Nous avons tous ce réflexe ancré : dès que la gorge gratte ou que la fièvre monte, nous ouvrons l'armoire à pharmacie pour y chercher un anti-inflammatoire. Si ces molécules semblent efficaces pour soulager rapidement la douleur, elles peuvent se transformer en véritables pièges pour l'organisme lors d'une infection. Comprendre les mécanismes en jeu est essentiel pour adopter les bons gestes et protéger sa santé.

Masquer les signaux d'alerte vitaux

L'ibuprofène ou le kétoprofène, souvent disponibles sans ordonnance, agissent en diminuant la réponse inflammatoire naturelle. Or, la fièvre et la douleur sont des sentinelles indispensables : elles signalent que le corps combat une agression. En réduisant artificiellement ces symptômes, vous risquez de passer à côté de l'évolution d'une maladie bactérienne. Ce retard de prise en charge est pointé du doigt par les autorités sanitaires, car il permet à l'infection de s'installer silencieusement avant de devenir critique. L'automédication par ibuprofène sur une angine présente un risque réel de camoufler la gravité de la situation.

Reconnaître l'angine bactérienne

La situation devient particulièrement délicate face aux infections à streptocoques ou pneumocoques. Des études suggèrent que les anti-inflammatoires pourraient bloquer l'action de certaines cellules immunitaires, les neutrophiles, facilitant ainsi la propagation des bactéries. C'est pourquoi l'ANSM déconseille formellement leur usage sans avis médical pour les maux ORL. Si la majorité des angines sont virales, l'impossibilité de distinguer visuellement une angine bactérienne de son homologue virale impose la plus grande prudence. Seul un test réalisé par un professionnel permet de trancher, confirmant que le lien entre angine bactérienne, ibuprofène et danger infectieux ne doit pas être pris à la légère. Il est crucial de noter que les AINS sur des maux ORL favorisent des complications parfois redoutables.

Les signes de complications graves

Les conséquences de cette pratique ne sont pas théoriques. Entre janvier 2019 et juin 2023, la pharmacovigilance a recensé 162 cas graves et 12 décès liés à ces médicaments pris lors d'infections, touchant parfois des jeunes adultes sans antécédents. Les complications incluent des abcès profonds, des chocs septiques ou des cellulites cervico-faciales dévastatrices. Il est alarmant de constater que ces aggravations, comme le phlegmon amygdalien sous anti-inflammatoires, surviennent souvent après seulement deux ou trois jours de traitement.

Adopter le bon réflexe : paracétamol

Pour traiter la fièvre ou la douleur sans compromettre vos défenses immunitaires, l'utilisation du paracétamol en première intention lors d'une infection reste la stratégie la plus sûre. Il doit être pris à la dose minimale efficace et sur la durée la plus courte possible. Si les symptômes persistent au-delà de trois jours, ou si vous constatez une aggravation brutale telle qu'une difficulté à déglutir, une consultation médicale s'impose immédiatement. N'hésitez pas à solliciter votre pharmacien, qui saura vous orienter et vous rappeler les règles de sécurité essentielles pour éviter tout risque inutile.

Voir les commentaires