La goutte et l'assiette

La crise de goutte, caractérisée par cette douleur brutale et intense, le plus souvent localisée à la base du gros orteil, est particulièrement fréquente chez les personnes ayant une alimentation riche en viande et pauvre en produits laitiers. Regardons de plus près le contenu de notre assiette.
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La goutte étant due à un excès d'acide urique, la limitation des aliments riches en purine (l'acide urique est formé dans l'organisme par dégradation des purines) fait depuis longtemps partie du traitement et des mesures préventives. Dans cette étude, qui s'est étendue sur douze années, le risque d'être atteint de la goutte a été confronté aux habitudes alimentaires de plus de 47.000 hommes, indemnes initialement de goutte. Les données ont été recueillies à partir de 1986 grâce à des questionnaires remplis par les volontaires tous les deux ans. Ceux-ci permettaient d'évaluer leurs maladies, leurs facteurs de risque (comme un éventuel tabagisme), leur activité physique et leur alimentation.En fin d'analyse, 730 cas de goutte ont été diagnostiqués et le risque de développer cette affection a été positivement corrélé à la consommation de viande (particulièrement de boeuf, de porc et de mouton) et davantage encore à celle de fruits de mer. Ainsi, les hommes les plus grands mangeurs de viande ont un risque de goutte majoré de 41%, tandis que ceux qui consomment le plus de fruits de mer voient ce risque atteindre les 51%.Inversement, les laitages protègent : les volontaires ayant les apports en laitage les plus élevés ont un risque diminué de 44%.Parallèlement, les légumes les plus riches en purine (pois, haricots, champignons, épinards et chou-fleur) et l'apport total de protéines ne sont pas associés au risque de goutte.

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Afin de prévenir la goutte, une modification des habitudes alimentaires devrait donc être conseillée comme suit : diminution de la consommation de viande rouge et de fruits de mer, augmentation des produits laitiers et aucune limite concernant les légumes. Ces conseils devraient également s'appliquer aux femmes.

 
Publié par Rédaction E-sante.fr le Mercredi 31 Mars 2004 : 02h00
Source : New Engl. J. Med., pp 1071-1093, 11 mars 2004.