Fibrome utérin symptomatique : un nouveau traitement très attendu

Plus d’une femme sur deux a un fibrome utérin mais celui-ci ne provoque de fortes douleurs et des règles abondantes que dans un quart des cas. Contrairement à une idée reçue, les fibromes sont rarement associés à une infertilité. Cette affection restait sans autre réponse que la chirurgie avant la disponibilité mi-2015 d’un médicament - l’acétate d’ulipristal - devenu essentiel pour soulager les femmes au long cours.

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Fibrome utérin symptomatique : il touche 10% des quadras !

Le fibrome utérin est une tumeur sans gravité (bénigne). Elle se développe aux dépend du muscle de l’utérus (myomètre). La moitié des femmes caucasiennes et 80% des femmes afro-caribéennes ont des fibromes (aussi appelés myomes). Mais seuls 25 à 30% de ces fibromes utérins provoqueront des symptômes (symptomatiques) dont le retentissement sur la qualité de vie peut être tès important et touche les sphères sentimentale, sexuelle, sociale et professionnelle. C’est leur localisation - dans la cavité ou dans la paroi utérine- qui fait qu’ils entraînent des symptômes très douloureux et invalidants : des saignements de la muqueuse utérine (endomètre) et des douleurs, par compression des organes de voisinage (la vessie, le rectum "sigmoïde" etc.)

Pr Hervé Fernandez, chef du service de Gynécologie-Obstétrique de l’hôpital Bicêtre (kremlin Bicêtre) : « Le fibrome utérin est la maladie gynécologique la plus fréquente après 35 ans : selon notre étude, 8,8% des femmes sont atteintes d'un fibrome utérin symptomatique, dont 10% des 40-44 ans et 13,9% des 45-49 ans (1) ».

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Fibrome utérin : chirurgie ou pas ?

  • Lorsque le fibrome utérin est asymptomatique, l’évolution naturelle est une diminution de son volume après la ménopause. En revanche, si la femme prend des traitements hormonaux de la ménopause (THM) à cause de bouffées de chaleur, d’une ostéoporose, etc... l’apport en estrogènes et progestérone via ces THM empêchera les fibromes de régresser. Néanmoins, l’existence d’un fibrome n’est absolument pas une contre-indication au THM !
  • En revanche, pour le fibrome utérin symptomatique, la solution a longtemps été chirurgicale : le fibrome est retiré (myomectomie). L’utérus peut lui aussi être enlevé (hystérectomie) quand il n’y a plus de désir de procréation ou quand la myomectomie n’est pas réalisable par voie naturelle (fibromes localisés dans la cavité utérine, volume de l’utérus et des fibromes rendant illusoire toute possibilité de conservation, sauf au prix de risques chirurgicaux incluant de nombreuses transfusions). Dans ce dernier cas, l’embolisation radiologique peut être indiquée, c’est-à-dire que l’on prive le fibrome de sang en injectant des microbilles synthétiques dans les artères de l’utérus. Dans les deux cas – myomectomie et embolisation - la guérison avoisine les 80%. Elle est de 100% en cas d’hystérectomie. En France, le fibrome utérin symptomatique reste la première cause d'hystérectomie (33 420 interventions en 2012). Un chiffre qui pourrait enfin diminuer avec l’arrivée depuis quelques mois d’un nouveau médicament : l’acétate d’ulipristal*.
Publié le 14 Novembre 2015 | Mis à jour le 03 Décembre 2015
Auteurs : Hélène Joubert, journaliste scientifique
Source : (1) Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction 2014 ; (2) Présentation Congrès Européen Budapest 9/10/2015. Article sous presse
D’après un entretien avec le Pr Hervé Fernandez, chirurgien gynécologue et obstétricien, chef du service de Gynécologie-Obstétrique de l’hôpital Bicêtre (Kremlin Bicêtre)
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