Infarctus du myocarde : homme ou femme, les 5 différences

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Que l’on soit un "gars" ou une "fille", l’infarctusdu myocarde n’est pas ressenti de la même manière. Dans près d’un cas sur deux, les femmes ne sentent pas la forte douleur dans la poitrine si caractéristique de la crise cardiaque. Chez elles, les signes plus atypiques et plus discrets, passent trop souvent inaperçus. Homme ou femme, nous ne sommes pas égaux devant l’infarctus du myocarde. Voici pourquoi.

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Infarctus du myocarde : en hausse chez la femme, en baisse chez l’homme

Dans l’inconscient collectif, l’infarctus du myocarde (ou syndrome coronaire aigu) ne frappe que l’homme, en surpoids et passé la cinquantaine. Erreur. Sur les 65 000 infarctus du myocarde pris en charge en urgence chaque année en France, un quart terrasse une femme (âgée de moins de 60 ans dans 27% des cas et de moins de 50 ans 11% des cas). De plus, la proportion de femmes parmi la totalité des infarctus augmente : elle est de 31% selon le registre européen EuroHeart Survey. Les infarctus du myocarde ont triplé chez la femme de moins de 50 ans ces quinze dernières années.

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Dr Christelle Diakov, cardiologue, unité Cardiologie médicale et interventionnelle (Institut Mutualiste Montsouris) : « La faute à la progression du tabagisme (et de l'association pilule-tabac) et des troubles métaboliques (obésité, troubles lipidiques, diabète). Aujourd’hui, 28 % des femmes fument ! De plus, l’espérance de vie a progressé et l’on peut espérer vivre 30 ans après la ménopause, la période la plus à risque d’accidents coronariens dont la crise cardiaque ».

Infarctus du myocarde : diagnostic rapide pour l’homme, tardif chez la femme

Les accidents coronaires chez la femme : on n’y pense pas, on y croit moins. L’image que nous avons de l’infarctus du myocarde chez la femme est bien éloignée de la vérité. 40 % des hommes et 31 % des femmes pensent –à tort- qu’il est moins grave chez la femme dixit l’observatoire CASSANDRE* (2011). Aux idées reçues s’ajoutent la négligence (ou défaut de prise en charge) des facteurs de risque chez la femme et des symptômes cardiovasculaires au féminin. De plus, les femmes tardent plus à appeler les secours (45% d’entre elles appelleront le SAMU contre 57% chez l’homme). La femme ressent des symptômes avant-coureurs parfois jusqu’à un mois avant de consulter … Au final, le diagnostic de crise cardiaque est trop tardif dans 55% des cas chez la femme.

Publié le 22 Octobre 2015 | Mis à jour le 23 Octobre 2015
Auteur(s) : Hélène Joubert, journaliste scientifique
Source : D’après un entretien avec le Dr Christelle Diakov, cardiologue, unité Cardiologie médicale et interventionnelle (Institut Mutualiste Montsouris) suite à la conférence « Femme et infarctus du myocarde » à l’Institut Mutualiste Montsouris (24/9/2015).
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