Fibrome utérin symptomatique : un nouveau traitement très attendu
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Contre le fibrome utérin : Une nouvelle molécule peut épargner l’opération chirurgicale

Jusqu’à juin 2015, il n’existait pas de traitement médical du fibrome utérin au long cours. Les traitements médicaux s’attaquaient uniquement aux symptômes mais pas à la cause du fibrome elle-même : antalgiques, anti-fibrinolytiques (pour diminuer le volume des règles, efficace chez une femme sur deux), progestérone (diminue le volume des règles dans un tiers des cas mais fait grossir le fibrome) ou certains dispositifs intra-utérins (stérilets) progestatifs qui diminuent voire suppriment les règles. Les analogues de la GnRH (qui suppriment la sécrétion d'estrogènes) avaient une indication en pré-opératoire, en cas d’anémie (<8g d’hémoglobine) ou lorsqu’on souhaitait ponctuellement réduire la taille du fibrome en vue de faciliter l’opération chirurgicale (opération par voie vaginale ou coelioscopique au lieu de la chirurgie ouverte).

Faute de solution médicale satisfaisante, une nouvelle molécule qui agit sur des récepteurs de la progestérone (acétate d’ulipristal) * était très attendue. Au départ réservée en préopératoire (2013) son indication a été étendue en juin 2015 : désormais, toutes les femmes ayant un fibrome utérin entraînant des symptômes modérés à sévères peuvent être traitées.

Dénué d’effet secondaire, l'acétate d'ulipristal corrige l’anémie en quelques semaines, le volume du fibrome régresse (de 50% chez la moitié des femmes après deux traitements de 3 mois) et surtout il évite la chirurgie dans 50% des cas !

Pr Fernandez : « Dans une étude européenne que nous avons présentée en octobre 2015, trois mois sous acétate d’ulipristal a permis d’éviter l’opération chirurgicale pour 75 % des femmes qui avaient un fibrome utérin symptomatique (saignements), si l’on exclut celles qui devaient être opérées quoi qu’il arrive (2) ».

L’autorisation européenne de mise sur le marché accorde deux cures de trois mois, séparées par deux mois sans traitement. La France tarde à se mettre en conformité et n’accepte pour l’instant de rembourser qu’un nombre très largement insuffisant de boîtes d’acétate d’ulipristal !

Quels sont les signes d'un fibrome utérin ?

Le fibrome utérin est souvent diagnostiqué longtemps après les premiers symptômes, en moyenne dans un délai de 2,2 ans (1). Plusieurs raisons à cela : les femmes n’ont pas toutes la même conception des règles abondantes, peinent à évaluer l’importance du flux et la croyance qu’il est normal de saigner abondamment lors des règles est tenace.

Les symptômes sont parfois très invalidants :

  • Des règles très abondantes dans 70% des cas. Il est possible de quantifier le flux à l’aide le du score menstruel de Higham. La femme note sur un calendrier le nombre de tampons et/ou serviettes utilisés chaque jour et estime en fonction de repères la quantité de sang au moment du changement.
  • Des saignements en dehors des règles.
  • Des crampes et des douleurs abdominales.
  • L’augmentation de volume de l’abdomen.
  • L’envie fréquente d’uriner jour et nuit.
  • Des flatulences, une constipation.
  • Une infertilité, même si cette infertilité est souvent sans rapport, sauf pour les fibromes situés dans la cavité utérine : les fibromes sont rarement associés à une infertilité (dans moins de 5% des cas).

*Esmya ®Laboratoire Gedeon Richter France

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Source : (1) Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction 2014 ; (2) Présentation Congrès Européen Budapest 9/10/2015. Article sous presse
D’après un entretien avec le Pr Hervé Fernandez, chirurgien gynécologue et obstétricien, chef du service de Gynécologie-Obstétrique de l’hôpital Bicêtre (Kremlin Bicêtre)