Des enfants gravement brûlés par des feuilles de figuier

Publié le 02 Juillet 2019 par Sophie Raffin, journaliste santé
La classe découverte de l'école Plaisance à Tonnay-Charente, s'est soldée par une visite à l'hôpital de Rochefort. Plusieurs élèves de 6 et 7 ans souffraient de brûlures au deuxième degré après avoir joué avec des feuilles de figuier.
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Jouer au restaurant avec des feuilles à l'ombre des arbres... le jeu de plusieurs élèves CP-CE1 de l'école Plaisance à Tonnay-Charente (Charente-Maritime) a semblé bien innocent aux maîtresses et aux parents accompagnateurs. Pourtant, il a transformé leur classe découverte - qui s'est déroulé fin mai - en cauchemar.

Si les enfants sont rentrés de leur séjour de 5 jours à l'île d'Aix le vendredi soir avec seulement quelques coups de soleil, la situation s'est dégradée dès le lendemain. Le journal Sud Ouest rapporte qu'une élève a dû aller aux urgences tandis que six autres camarades sont allés consulter dans les hôpitaux de la région.

“Tous souffraient du même mal : leurs mains et leurs avant-bras, rouges, enflés et recouverts de cloques, desquamaient (se détacher en lamelles cornées) ; les trois enfants les plus atteints avaient aussi du mal à plier les doigts. Ils étaient tous brûlés au deuxième degré, explique le quotidien régional”, explique notre collègue.

Les professionnels de santé et le centre anti-poison ont rapidement trouvé les responsables de ces brûlures au second degré : des feuilles de figuier.

En effet, la sève de cette plante peut provoquer une réaction cutanée après une exposition au rayonnement solaire. On appelle cela une phytophotodermatose.

Qu'est-ce que la phytophotodermatose ?

La phytophotodermatose est une réaction cutanée anormale ou exagérée lors de l'exposition à des rayonnements solaires, après un contact avec certains végétaux. Ce mécanisme de phototoxicité est généralement causé par la présence de furocoumarines - des agents toxiques photosensibles - dans les feuilles.

Les éruptions, les lésions et les cloques apparaissent dans les zones exposées à la plante et aux rayonnements UV dans les 24 - 72 heures après le contact.

Dans de plus rares cas la phytophotodermatose peut causer une réaction immuno-allergique (hypersensibilisation dite retardée) où l'antigène provient de la transformation de la substance végétale en cause, par exposition aux UV, en photo-allergène. Les malades voient apparaître de l'urticaire, de l'eczéma ou encore du purpura dans des zones non exposées dans un délai d'environ 48 heures.

Des précautions à prendre pendant deux ans

Les enfants les plus touchés ont été soignés en pédiatrie pendant 3 jours. Ils ont ensuite pu rentrer chez eux. Toutefois, ils ont des précautions à prendre. En plus de panser leurs plaies, ils doivent porter des gants anti-UV et mettre de la crème solaire. Ils devront suivre ces consignes pendant deux ans.

D'autres plantes que les feuilles de figuiers peuvent provoquer une phytophotodermatose : les ficus, les citronniers, les orangers, les tilleuls ou encore le bergamotier. Il faut également se méfier du persil, de l'aneth, des céleris, des carottes, des cerfeuils sauvages, ou encore des coquelicots, des boutons d'or et de millepertuis.