Confinement : les médecins craignent les conséquences pour les autres maladies

Les malades du coronavirus ne sont pas la seule inquiétude des médecins. De nombreux professionnels de la santé craignent que la lutte contre la COVID-19 face passer des pathologies graves en second plan, et provoque une surmortalité pour d’autres maladies comme l'hypertension.
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#RestezChezVous est devenu le mot d’ordre de la lutte contre le coronavirus. S’il est important de respecter le confinement pour endiguer la propagation de la COVID-19, les professionnels de santé s’inquiètent pour leurs patients chroniques et les autres urgences.

Des cabinets désertés pendant l’épidémie de COVID-19

Une salle d’attente vide est une situation que les médecins généralistes connaissent peu en temps normal. Toutefois, il semble que cela soit une conséquence imprévue du confinement mis en place pour lutter contre le SARS CoV-2. "Mes confrères sont très nombreux à rapporter que leurs cabinets sont désertés depuis le début du confinement. Un fait que j’ai aussi observé dans le mien", explique le professeur Olivier Saint-Lary, Vice-président du Collège National des Généralistes Enseignants. Ces retours l’inquiètent : “les gens craignent de sortir de chez eux, mais malheureusement les pathologies chroniques comme l'hypertension ou le diabète ne se mettent pas en pause en période de confinement”, ajoute-t-il. Et attendre pour se faire soigner peut être dangereux.

En effet, les pathologies chroniques comme le diabète, l'hypertension ou les maladies cardiaques peuvent entraîner une dégradation de l’état de santé rapide, si elles ne sont pas prises en charge ou mal surveillées.

Par exemple, pour les malades dont l'hypertension n'est pas ou mal soignée, le cœur voit son activité augmenter. Progressivement, il se fatiguera, ce qui augmente entre autres les risques d'insuffisances cardiaques.

Un diabète mal équilibré de son côté, peut provoquer de nombreuses complications comme des maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC…), une atteinte des nerfs (neuropathies) et aux yeux (rétinopathie diabétique, glaucome, cataracte…) ou encore abimer les reins. 

Ainsi, malgré la peur d’attraper le nouveau coronavirus ou de déranger, il est important de consulter. “Au moindre doute sur sa santé ou son traitement, il faut contacter son médecin traitant. Il pourra vous indiquer s’il est possible de faire une téléconsultation ou si une consultation en cabinet est nécessaire”, prévient l'expert.

Même constats aux urgences

Les hôpitaux ont aussi remarqué une baisse des actes d’urgences courants. Patrick Pelloux, médecin urgentiste à Paris a rapporté sur France Info "Normalement, presque 50% de notre activité est liée aux douleurs thoraciques et abdominales. Là, on ne sait pas où sont passés ces patients…". 

Cette peur des hôpitaux ou de surcharger un personnel de santé mis à rude épreuve peut créer des situations dangereuses. “Nous n’avons pas encore de données, mais une mauvaise prise en charge des urgences pourrait causer une surmortalité pour les maladies chroniques ou pathologies vitales”, confie le professeur Olivier Saint-Lary.

Pour lui, il est primordial que de ne pas faire l’impasse sur la santé des patients atteints d'une maladie chronique ou grave, en raison de la pandémie. “De précédents écrits scientifiques ont déjà montré que pendant une épidémie où tous les moyens sont mis en place pour lutter contre la maladie, il y a un risque de détérioration de la qualité des soins et de la surveillance des pathologies chroniques ou graves. Il faut se montrer prudent”. 

Quand appeler le SAMU ?

Il faut continuer à appeler le Samu lorsqu’on est face à des symptômes pouvant indiquer des pathologies graves où le pronostic vital est engagé comme les AVC ou les infarctus. 

Concernant le nouveau coronavirus, il faut uniquement joindre le 15 lorsqu’on souffre d’une détresse respiratoire importante. “Pour les suspicions de COVID-19, il ne faut pas appeler le Samu, mais son médecin traitant. Il dirigera au mieux le patient en fonction de ses symptômes. Cela évitera de surcharger le 15 et permettra une meilleure prise en charge pour les cas graves”, prévient le généraliste.


Les pédiatres craignent les conséquences des vaccinations reportées

Les syndicats de pédiatres ont également tiré la sonnette d’alarme. Il ne faut pas reporter les vaccinations des bébés de moins de deux ans malgré le confinement. Le Dr Mariam-Natacha Haidara, pédiatre exerçant à Paris et à la Croix-Rouge, qui fait partie des experts relayant l’appel des organisations professionnelles, a expliqué “Avec la peur et les contraintes du confinement, les parents ne se présentent plus aux consultations obligatoires de pédiatrie et aux différentes vaccinations obligatoires”. Mais ce report n’est pas sans conséquence. Elle prévient “si la couverture vaccinale n’est pas assurée dans sa continuité”, cela pourrait provoquer “dans les mois à venir, à une recrudescence de maladies bien contrôlées jusqu’ici sur le territoire” - et dangereuses pour les tout-petits - comme la rougeole, la coqueluche ou la méningite.

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Source : Merci au professeur Olivier Saint-Lary, Vice-président du Collège National des Généralistes Enseignants. 
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