Comment réagir au stress ? Se brancher sur le problème ou sur nos émotions ?
Publié le 27 Avril 2009 à 2h00 par Dr Catherine Solano
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Tiphanie vient d'apprendre qu'elle n'était pas reçue à son concours. Elle est choquée par cette annonce et très angoissée. Comment va-t-elle réagir ? Elle peut se mettre à pleurer et rester au lit pendant 3 jours. Elle peut s'énerver et râler contre la malchance. Elle peut aussi sortir avec des amis pour faire la fête, elle peut s'étourdir avec de l'alcool ou des pétards, décider de partir voyager. Elle peut encore se culpabiliser de ne pas avoir suffisamment travaillé, ou mettre en place un moyen de repasser ce concours, ou décider de trouver une autre voie professionnelle…

Ces différentes suppositions ne s'opposent pas les unes les autres, car Tiphanie peut en vivre plusieurs simultanément ou l'une après l'autre.

Certains psychologues classent les différentes réactions devant un problème stressant en deux principaux axes : la stratégie évitante et la stratégie vigilante pour réagir au stress.

La stratégie évitante


La stratégie évitante est mise en place par les personnes qui sont surtout centrées sur leurs émotions. Ici, l'angoisse de Tiphanie peut entraîner une réaction qui vise à faire diminuer le plus rapidement possible cette émotion désagréable. Tiphanie va éviter tout ce qui peut lui faire penser à son concours. L'évitement peut consister à décider de voyager ou d'aller faire la fête par exemple. Il pourrait aussi s'agir d'apprendre une technique de relaxation pour se sentir mieux, de décider de se faire du bien en apprenant la salsa, ou de trouver un loisir qui occupera l'esprit.

L'évitement est généralement une mesure rapidement efficace pour contenir l'angoisse. Elle peut néanmoins présenter un aspect très négatif si cet évitement passe par l'alcool, le cannabis ou autres drogues.

La stratégie vigilante


La stratégie vigilante est toute à l'opposé, non plus centrée sur l'émotion, mais sur le problème lui-même. Il s'agit de chercher des solutions concrètes au problème. Pour Tiphanie, ce pourrait être, par exemple, d'aller chercher des documentations, sur l'orientation professionnelle, qui lui apporteront des solutions pour trouver sa voie. Cela peut consister à aller voir un conseiller d'orientation, à faire un bilan de compétences, à demander conseil à des amis. Elle pourrait aussi chercher à contacter des anciens qui ont réussi le même concours pour comprendre ce qu'elle peut améliorer si elle veut le repasser à nouveau.

Pour éviter un stress, l'attitude idéale, est-ce la stratégie d'évitement ou de vigilance ?


Ni l'une ni l'autre, ou les deux. L'évitement permet de faire baisser très rapidement le stress. Les personnes qui le mettent en pratique sont nettement moins stressées deux jours après le problème. C'est aussi une voie intéressante, car il existe des problèmes sans solution pratique où il faudra bien agir sur les émotions. On peut donc cultiver cette capacité à rester zen, à survivre à un problème, à surmonter émotionnellement une difficulté. Sport, relaxation, habitude de se faire plaisir, permettent de s'offrir des émotions positives antidotes au stress.

Les personnes qui suivent plutôt la vigilance restent plus stressées au départ. Mais deux semaines plus tard, la tendance s'inverse. Cette stratégie de vigilance porte ses fruits plus lentement, mais ils sont là. Les personnes les plus concernées par cette manière de réagir ont parfois tendance à aimer les problèmes, dans le sens où elles les considèrent comme de véritables défis à relever !

Alors, l'idéal, c'est de savoir allier les deux stratégies. Peut-être dans un premier temps, savoir agir pour que l'angoisse ne vous submerge pas, puis, parallèlement, mettre en place des actions qui vont agir sur le problème.

C'est ce qu'a choisi Tiphanie : elle a un peu râlé, elle a fait la fête avec ses amis, puis elle a décidé de retenter son concours en travaillant plus et mieux…

Source : Paulhan et M. Bourgeois, Stress et coping, les stratégies d'ajustement à l'adversité, Puf, 1995.