Comment éviter le rebond de l’acné en rentrant des vacances ?

© anna bizon,gpoint studio

Sous le soleil, la personne acnéique vit une accalmie. La peau asséchée, bronzée... on finirait presque par croire à la disparition prochaine de cette dermatose. Mais la lune de miel estivale se paie au prix fort. Conseils pour limiter la recrudescence des boutons d'acné à l’automne.

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Acné, le triple effet du soleil

Le risque de poussée acnéique au retour des vacances est une préoccupation légitime pour les 15 millions de français concernés, des adolescents pour la plupart, mais aussi 20% des femmes adultes. S’il n’existe pas de chiffres sur la réalité de cette acné "post-exposition" au soleil, les dermatologues le constatent à chaque rentrée.

En soi, le soleil ne provoque pas l’acné. Globalement, il l’améliore même, grâce à trois processus. D’une part, il assèche l’hyper-séborrhée, soit l’écoulement trop important de sébum. D’autre part, il freine la prolifération de la bactérie responsable de l’acné (propionibacterium acnes), présente naturellement dans les glandes de la peau. A noter, si les formes rétentionnelles d’acné (comédons et points blancs, appelés microkystes) dépendent de la nature de la peau et des hormones, le passage vers les formes inflammatoires de la maladie (boutons rouges, appelés papules) est dû à la pullulation de ce microbe.

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Troisième phénomène estival, les ultraviolets (UV) tout particulièrement de type A induisent un épaississement de l’épiderme. A la fin de l’été, cette couche superficielle de la peau épaissie contribue mécaniquement à la formation de nouveaux comédons : le soleil disparu, les glandes sébacées s’ouvrent à nouveau, et c’est en général vers septembre-octobre que l’on constate des poussées acnéiques. Ce rebond frappe indistinctement les personnes acnéiques ou à tendance acnéique, qu’elles souffrent d’acné rétentionnelle ou inflammatoire (la plupart a une acné mixte). C’est plutôt la vulnérabilité de chacun qui entre en ligne de compte.

« C’est pourquoi en octobre je revois systématiquement les patients qui ont terminé leur traitement anti-acnéique à la fin du printemps, explique le Pr Brigitte Dréno, chef de service de dermatologie et directeur de l’Unité Thérapie Cellulaire et Génique (CHU de Nantes), membre du Groupe Expert Acné (GEA). Car s’ils doivent refaire une poussée acnéique, ce sera à ce moment là. »

Ne pas confondre avec l’acné de Majorque

Si ce rebond des boutons survient sur des peaux déjà acnéiques ou qui l’étaient encore il y a peu, une autre forme, bien plus rare, peut surgir sans crier gare. C’est « l’acné de Majorque », du nom de l’île des Baléares. Une sudation accrue par les glandes sudoripares eccrines, sur des peaux hyperséborrhéiques même légèrement, crée alors une réaction inflammatoire brutale. Cette pseudo-acné n’a rien à voir avec une allergie au soleil, « ce sont des folliculites, c'est-à-dire l'inflammation de follicules pileux, détaille le Pr Dréno. Elles sont souvent localisées sur le visage, le décolleté et les épaules. Femmes, hommes, adolescents… n’importe qui peut être touché ». Contrairement à la véritable acné, les lésions cutanées de cette acné « solaire » ou « estivale » régressent spontanément en quelques semaines.

Publié le 10 Juillet 2015 | Mis à jour le 10 Décembre 2015
Auteur(s) : Hélène Joubert, journaliste scientifique
Source : Entretien avec le Pr Brigitte Dréno, chef de service de dermatologie et directeur de l’Unité Thérapie Cellulaire et Génique (CHU de Nantes), membre du Groupe Expert Acné (GEA).
Voir + de sources

Development and evaluation of a global acne severity scale (GEA scale) suitable for France and Europe. J Eur Acad Dermatol Venereol, 2011 25:43-48. 
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