La colère : une émotion interdite ?

La colère fait partie de la palette des principales émotions, au même titre que la peur, la surprise, le plaisir, la tristesse, etc. Néanmoins, elle a une particularité. Celui (ou celle) qui exprime sa colère, « le colérique », est réprouvé(e) et on lui demande souvent de se contrôler. A l'inverse, celui (ou celle) qui retient sa colère est critiqué(e) et on lui demande alors de l'exprimer. La colère est dite aussi mauvaise conseillère. Serait-elle une émotion interdite ?
PUB

Les émotions sont des réactions complexes qui engagent à la fois le corps et l'esprit.La colère a d'ailleurs une traduction physique très marquée et souvent perceptible par autrui. Le visage et les mains deviennent rouges, par afflux du sang. Biologiquement, une montée d'adrénaline (hormone du stress également) permet de libérer une énergie qui facilite une mise en action rapide.

D'où naît la colère ?

Le sentiment de la colère est généralement déclenché par la perception d'une situation vécue comme injuste, dévalorisante, menaçante. Elle est provoquée par la sensation d'être atteint, touché, voire blessé dans son être le plus profond. Les paroles ou le comportement de l'autre sont perçus comme fondamentalement en contradiction avec ses propres croyances, valeurs ou idées.

PUB
PUB

Quelle est la fonction de la colère ?

La colère nous aide à nous défendre contre un sentiment de menace. Physiquement, le corps est sur le qui-vive, prêt à se battre si besoin. Psychologiquement, les signes extérieurs de la colère montrent à l'autre, de façon non verbale et involontaire, l'importance de l'enjeu pour soi et le sentiment de danger dans lequel on est. Les modifications physiologiques lorsque la « colère monte » sont aussi des indices pour nous-mêmes ; ils nous permettent de prendre conscience et de reconnaître cette émotion.

Publié le 07 Mai 2003
Auteur(s) : Dr Catherine Feldman, psychothérapeute