CBD : 3 applications soutenues par la science

Retrouvez trois applications santé prometteuses de la molécule de cannabidiol (CBD) ainsi que les études qui le prouvent… loin des allégations et des arguments marketing.
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Comme la majorité des superaliments et des molécules « bien-être », le cannabidiol ou CBD fait l’objet d’un nombre impressionnant d’allégations santé qui alimentent des stratégies marketing offensives. Il faut dire que le marché est alléchant. Selon les chiffres de nos confrères de LSA Conso, l’Hexagone compterait près de 7 millions de consommateurs réguliers ou occasionnels des produits de cannabidiol. Dans cet article, nous vous proposons trois applications prometteuses et soutenues par la science.

#1 Le CBD et le sommeil : l’application la plus prometteuse

Le manque de sommeil est un problème majeur de santé publique en France et, plus largement, dans les pays développés. Ce constat n’est sans doute pas étranger à l’engouement que suscite le CBD, une molécule connue notamment pour ses propriétés relaxantes et apaisantes.

Selon les chiffres de Santé Publique France, nous aurions perdu près d’une heure et demie de sommeil en une cinquantaine d’années, et nos nuits ne font plus que 6 heures et 32 minutes (moyenne en semaine), soit entre 28 et 88 minutes de moins que les recommandations des professionnels de santé. Selon une étude Ifop, 7 Français sur 10 rapportent des problèmes de sommeil plus ou moins importants.

L’hégémonie des écrans, l’allongement du temps passé dans les transports et le stress semblent porter cette tendance qui devient structurelle. Conséquence : augmentation de la tension artérielle et du mauvais cholestérol (LDL), perturbation du métabolisme du glucose qui peut conduire à un diabète de type 2 et augmentation du risque de développer des maladies cardiaques chroniques.

Une étude réalisée sur 103 patients adultes qui souffrent d’une insomnie récurrente a évalué le potentiel du CBD. Première conclusion : la majorité des participants (79,2 %) ont noté une baisse significative du stress et de l’anxiété. Aussi, deux tiers d’entre eux (66,7 %) ont rapporté une amélioration notable de la qualité et de la quantité de leur sommeil. « Tous les signaux convergent vers un effet calmant du CBD sur le système nerveux central », peut-on lire dans le rapport de l’étude que vous pouvez consulter ici.

Le potentiel du CBD dans l’amélioration de la qualité du sommeil a fait l’objet d’une autre étude conjointe entre le National Center for PTSD et l’université Palo Alto. Conclusion : le CBD semble réduire la fréquence des épisodes d’insomnie et soulager les troubles du comportement en sommeil paradoxal, en réduisant notamment la verbalisation nocturne et les spasmes musculaires.

#2 Le CBD et l’épilepsie : en attendant la grande expérimentation du ministère de la Santé

Pathologie neurologique relativement courante, l’épilepsie pose deux problèmes majeurs : à l’échelle mondiale, 70 % des patients (soit 35 millions de personnes) n’ont pas accès à un traitement approprié. Ensuite, une partie non négligeable des patients souffrent de formes dites « réfractaires », qui résistent aux traitements disponibles. Le CBD fait partie des solutions envisagées dans ce sens. D’un côté, il s’agit d’une molécule relativement bon marché. De l’autre, des études ont démontré la capacité du cannabidiol à soulager les douleurs qui résistent aux traitements antalgiques habituels, avec donc un potentiel intéressant dans l’amélioration de la qualité de vie des patients souffrant d’épilepsies pharmaco-résistantes.

Le professeur Orrin Devinsky, Directeur du NYU Comprehensive Epilepsy Center et chercheur émérite dans la sphère des neuropathies, a réalisé deux études rigoureuses pour évaluer l’intérêt du CBD dans la prise en charge des jeunes patients épileptiques.

  • La première étude, randomisée, contrôlée et en double aveugle, a démontré que l’huile de CBD pouvait réduire la fréquence des crises atoniques chez 42 % des enfants atteints du syndrome épileptique de Lennox – Gastaut ;
  • Le deuxième étude, également randomisée, contrôlée et en double aveugle, a démontré l’intérêt de l’huile de cannabidiol dans la prise en charge des enfants atteints du syndrome épileptique de Dravet. La molécule a permis de réduire de moitié le nombre de crises chez 43 % des participants.

Ces travaux ont sans doute inspiré le ministère français de la Santé, qui a lancé une grande expérimentation en mars 2021. Objectif : se prononcer sur l’intérêt du CBD dans la prise en charge des patients épileptiques, mais aussi dans le soulagement de la douleur réfractaire associée à certaines pathologies lourdes comme le cancer et la sclérose en plaques.

#3 Le CBD et les douleurs menstruelles

Plus de 75 % des femmes françaises en âge de procréer souffrent de douleurs avant et pendant les menstruations. Ces douleurs sont parfois pharmaco-résistantes, dans la mesure où elles ne répondent pas forcément aux médicaments antalgiques habituels et sans ordonnance.

Des chercheurs de l’Université James Madison et de l’entreprise Canopy Growth ont investigué le potentiel du CBD pour améliorer le quotidien des femmes qui souffrent de douleurs menstruelles intenses. Résultat : baisse significative des douleurs à raison de 160 mg de CBD par jour pendant les menstruations, et baisse des sautes d’humeur, du stress et de l’irritabilité avec une dose plus élevée (320 mg de CBD par jour pendant la période menstruelle).

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