Cancer du sein : des milliers de femmes pourront demain éviter la chimiothérapie

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Des milliers de femmes souffrant d'un cancer du sein pourraient se voir épargner la chimiothérapie. En analysant l'expression génétique de la tumeur, des chercheurs estiment pouvoir discerner les patientes qui en ont réellement besoin.

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C'est un traitement spontanément associé au cancer, dans l'esprit collectif. Et pourtant, la chimiothérapie pourrait, un jour, ne plus être la règle pour certaines femmes atteintes de cancer du sein. C'est ce que suggère une étude présentée au Congrès de la Société américaine d'oncologie clinique (ASCO), réunie à Chicago (Etats-Unis).

En s'appuyant sur une analyse génétique de la tumeur, il serait possible de savoir quelles patientes auront besoin d'une chimiothérapie et lesquelles pourront s'en passer. Pour les distinguer, un score de risque a été établi par plusieurs scientifiques américains. Encore fallait-il mettre ce dispositif à l'épreuve des faits.

C'est l'objectif de cet essai clinique, qui a suivi pendant 7 ans près de 10 300 femmes présentant une forme précise de cancer du sein. De stade précoce, celui-ci est sensible aux hormones, mais ne produit pas la protéine HER2 – qui favorise la croissance de la tumeur – et ne s'est pas étendu aux ganglions axillaires – situés sous l'aisselle.

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La survie reste élevée

Il s'agit aussi de la forme la plus courante de cancer du sein. "La moitié des cas sont sensibles aux hormones, n'expriment pas la protéine HER2 et ne se sont pas étendus aux ganglions axillaires", souligne Joseph Sparano, principal auteur de l'étude.

La base de la prise en charge repose sur la chirurgie, qui consiste à retirer les tissus malades. Grâce à une biopsie réalisée pendant l'intervention, les scientifiques ont analysé le profil génétique de chaque tumeur. Leur test utilise ces données pour prédire le risque de récidive à 10 ans.

Toutes les volontaires ont bénéficie d'une thérapie hormonale après l'opération, censée limiter le risque de rechute. Celles qui ont reçu un score faible n'ont, en revanche, pas bénéficié d'une chimiothérapie, jugée inutile. Lorsque le score était élevé, le traitement a été prescrit.

D'après les résultats, se passer de chimio n'a pas d'impact négatif sur les chances de survie sans récidive. Le taux est d'environ 80 % dans les deux groupes. La survie globale est également comparable.

Des milliers de femmes concernées

Ces conclusions pourraient avoir un impact majeur sur la prise en charge des patientes atteintes de cancer du sein. "Notre étude montre que la chimiothérapie pourrait être évitée chez 70 % de ces femmes, en s'appuyant sur ce test, chiffre Joseph Sparano. Cela permettrait de réserver la chimiothérapie aux 30 % dont on sait qu'elles en tireront un bénéfice."

En effet, après 50 ans, les cancers à faible risque de récidive représentent 85 % des cas. Avant 50 ans, ils représentent 40 % des femmes.

"En pratique, cela signifie que des milliers de femmes n'auront pas besoin d'une chimiothérapie, et éviteront ses effets secondaires tout en ayant de bons résultats à long terme", souligne dans un communiqué Harold Burstein, expert auprès de l'ASCO.

De fait, la chimiothérapie est souvent associée à des effets indésirables lourds, comme des nausées et vomissements, une chute de cheveux ou encore un risque d'infection. A long terme, ce traitement peut aussi favoriser des pathologies chroniques.

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